Sita Vitry-sur-Seine (94) : une détermination sans faille

Depuis le 22 décembre, trente salariés, soit la quasi-totalité des salariés de l’entreprise Sita basée à Vitry-sur-Seine, sont en grève. L’entreprise appartient au groupe Suez- Environnement chargé par la Ville de Paris du ramassage du verre dans huit arrondissements.

Des conditions de travail insupportables ! La lutte a démarré pour protester contre la dégradation des conditions de travail, avec notamment l’exigence d’un équipier de plus par tournée. La direction avait décidé qu’un chauffeur pouvait travailler avec un seul rippeur (chargé de vider les containers dans la benne) alors qu’ils sont deux dans les autres entreprises parisiennes de la profession. Cette suppression conduit à une charge de travail beaucoup plus importante de travail, au-dessus de 500 litres par employé, alors que la norme est de 350 litres, cela avec les atteintes à la santé et à la sécurité : mal au dos qui entraîne des inaptitudes au travail qui conduisent au licenciement.
Pour compenser l’absence d’un deuxième rippeur, la direction propose une prime de qualité compensatoire mais cela ne suffit pas. La moitié du personnel est en contrat intérimaire de six mois non renouvelable. Tous les avantages liés à l’ancienneté sont ainsi balayés d’un revers de main. De plus, les salariéEs exigent le remplacement des camions bennes qui datent pour la plupart de 2002 et ne sont plus du tout adaptés à la circulation urbaine, tant sur la vétusté des équipements mettant en péril la sécurité des salariés que sur le danger sanitaire que représentent ces camions extrêmement polluants.

Des responsabilités politiques
Début janvier, la direction de l’entreprise avait traîné les salariés devant le tribunal de Créteil pour entrave au travail des non-grévistes, mais avait été déboutée, tout en organisant partiellement le ramassage par des sous-traitants. Dans le même temps, elle emploie des « agents de sécurité » pour empêcher l’intrusion de personnes extérieures à l’entreprise.
Les grévistes reçoivent régulièrement le soutien des salariéEs de nombreuses entreprises du département et les collectes permettent de tenir le coup financièrement. La semaine passée, ils sont allés rappeler à la mairie de Paris sa responsabilité en tant que donneur d’ordre. Plusieurs dizaines de personnes criaient : « Sita : casseur social ! Mairie de Paris : coresponsable ! », avec le soutien d’équipes syndicales des unions départementales CGT du Val-de-Marne et de Paris, des éboueurs d’autres sociétés, des salariés de la RATP et des agents hospitaliers du Kremlin-Bicêtre.
Dans la plupart des villes, la dégradation des conditions de travail, le blocage des rémunérations et des déroulements de carrière de la profession se sont accentués avec la privatisation de ce service par les municipalités. Encore un service dont le retour à une gestion public devrait faire partie du programme de toute équipe municipale au service de la population.

Correspondant

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