Mobilisation face à la répression contre l’inspecteur du travail Anthony Smith

La mobilisation se poursuit pour la réintégration dAnthony Smith, inspecteur du travail de la Marne suspendu depuis maintenant deux mois, et labandon des poursuites disciplinaires à son encontre.

À l’occasion de la date « anniversaire » des deux mois de suspension, l’intersyndicale CGT-SUD-FSU-FO-CNT appelait les agentEs du ministère du Travail à des rassemblements partout en France les 15 et 16 juin, pour converger avec la mobilisation du personnel soignant. Une vingtaine d’initiatives unitaires ont été recensées, dépassant largement le cadre du ministère du Travail, puisque les soutiens extérieurs ont répondu présent, dont 150 personnes à Châlons-en-Champagne, chef-lieu de la Marne, et une centaine à Paris devant les fenêtres de Muriel Pénicaud. À Bordeaux, Philippe Poutou et ses collègues de Ford étaient présents lors du déploiement d’une banderole géante aux fenêtres de l’inspection du travail. C’était aussi l’occasion de se retrouver dans la rue après deux mois de confinement, et montrer ainsi à la ministre qu’on ne lâchera pas le morceau tant les enjeux sont forts.

Épée de Damoclès

L’affaire prend désormais un tour à la fois ubuesque et supplicieux. Anthony a été suspendu pour des faits qualifiés de « graves » mais, deux mois plus tard, Pénicaud n’a toujours pas convoqué le conseil de discipline. Elle le laisse dans l’incertitude la plus totale tout en continuant à l’empêcher d’exercer ses missions, comme s’il y avait trop d’agentEs de contrôle et pas assez de travail en défense des salariéEs ! La ministre affaiblit ainsi sa position – plus elle tarde et moins elle pourra invoquer l’urgence à sanctionner lourdement – et s’expose à devoir réintégrer Anthony au bout de quatre mois de suspension comme le prévoit le statut de la fonction publique.

Mais elle sait aussi qu’elle dispose de trois ans pour sanctionner, comme le prévoit ce même statut. Elle pourrait laisser le dossier moisir pour le ressortir au moindre écart, en faisant peser sur Anthony une violence psychologique inacceptable et en plaçant chaque collègue dans la crainte de devoir se retrouver dans une situation similaire quand bien même il ou elle ne ferait que son travail d’inspection, ce qui est l’un des objectifs poursuivis, et ce d’une façon particulièrement vicieuse : mettre au pas toute une profession par le contrôle des comportements individuels. La ministre ne donne à vrai dire aucun signe d’ouverture, puisqu’elle ne daigne même pas répondre à la demande de rendez-vous émanant du bureau confédéral de la CGT !

La victoire est manifestement possible, au vu de l’ampleur de la mobilisation tant interne qu’externe au ministère. Nos collègues ont bien compris l’enjeu, et c’est pourquoi ils ne se satisferont pas de demi-mesures laissant suspendue l’épée de Damoclès. La seule issue acceptable est le retrait total de la procédure engagée contre Anthony, ce qui modifierait assurément la donne au sein d’un ministère devenu béquille du patronat.

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