Le NPA dans la campagne contre la privatisation d’ADP

L’annonce de la privatisation du groupe Aéroports de Paris (ADP) a suscité de nombreuses et légitimes critiques. Une campagne unitaire de mobilisation contre la privatisation d’ADP est en construction, dans laquelle le NPA entend jouer son rôle. 

La question du référendum d’ADP et la collecte des signatures vont cristalliser de nombreuses questions politiques dans les mois qui viennent. En quelques semaines, plus de 500 000 signatures ont été récoltées, et les sondages notent un soutien très largement majoritaire parmi la population à ce recueil de signatures. C’est un enjeu politique d’obtenir les 4,7 millions de signatures contre la privatisation d’ADP, et pour l’atteindre une mobilisation nationale sera nécessaire, fondée sur l’action collective de celles et ceux qui localement agissent en permanence contre les politiques de démantèlement des services publics, contre une politique gouvernementale toute dévouée aux intérêts des grands groupes capitalistes. 

D’ores et déjà, de nombreux collectifs se construisent dans les villes, souvent à l’image de la coordination nationale qui s’est mise en place, « coordination de mouvements et d’organisations syndicales et politiques contre la privatisation d’ADP et plus largement contre les privatisations, pour les services publics et les biens communs ». Ce collectif, autour d’ATTAC et de la Fondation Copernic, rassemble, entre autres, la CGT, la FSU et Solidaires, le NPA, Alternatiba, le DAL, Ensemble, le PCF, la FI (groupe parlementaire), EELV et Génération-s.  

Enjeux pour les classes populaires

Il y a de réels enjeux pour les classes populaires dans la question d’ADP : ADP est un groupe puissant qui, même encore majoritairement sous le contrôle de l’État, n’en mène pas moins déjà une politique capitaliste agressive. Ce n’est pas une société publique de faible importance, c’est le premier groupe de gestion aéroportuaire mondial, qui possède et gère des aéroports bien au-delà de nos frontières, s’est développé à l’ombre de l’impérialisme français et de ses zones d’influence, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. 

Son développement international et son activité commerciale (les boutiques des aérogares, en coopération avec Lagardère), sont aujourd’hui plus importants que les redevances  aéroportuaires de Roissy et Orly. ADP a reversé 2,3 milliards de dividendes à ses actionnaires ces 4 dernières années.

De plus, 115 000 salariéEs travaillent dans les deux aéroports parisiens, notamment dans des centaines d’entreprises sous-­traitantes. Elles dépendent en bonne partie d’ADP.

Enfin, les emprises des aéroports de Roissy sont très importantes avec 6 700 hectares en région parisienne (l’équivalent des 2/3 de Paris), avec de nombreux enjeux de développement urbain et d’environnement, alors qu’ ADP a le projet pharaonique d’un nouveau terminal de 40 millions de passagerEs…

Maîtrise publique des biens communs

À l’heure où le débat sur la place et le contrôle public nécessaire du transport aérien est sur la table, la question de qui décide des choix d’ADP est de première importance.

Chacun sait que, dans les starting-blocks de la privatisation, c’est Vinci Airports qui est à la manœuvre. Le groupe gère déjà 46 aéroports au niveau international, et compte bien faire main basse sur ADP comme le groupe l’a fait avec les autoroutes (premier opérateur d’autoroute en Europe), faisant du groupe les fermiers généraux des temps modernes, percevant l’impôt colossal des péages tout en procédant à la casse sociale des emplois.

L’enjeu est donc bien la maîtrise publique des biens communs, des services publics de transport pour développer une politique cohérente correspondant aux besoins populaires. Et c’est aussi le contrôle sur les nuisances des modes de transport aériens et routiers qui est en jeu.

Léon Crémieux

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