Fonction publique : l’heure est aux sanctions, pas à la protection

Aux agentEs de la fonction publique demandant des moyens de protection pour leur santé, le gouvernement répond par des menaces de sanctions !

En cette période de crise sanitaire, de très nombreux agentEs des trois versants de la Fonction publique sont chaque jour à leur poste de travail pour assurer la continuité de l’action publique. Pour une part importante, ces personnels sont contraintEs d’exercer leurs missions sans moyens de protection suffisants, voire sans aucune protection. Mais a priori cela ne semble pas être la priorité du gouvernement.  

L’urgence du gouvernement : la répression 

En effet, la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) a publié le 31 mars une note intitulée : «  Quelles mesures possibles en cas de refus de l’agent de prendre son service dans le cadre du PCA ou d’un recours abusif au droit de retrait ? ». Cette note envoyée aux employeurs publics et aux différentes administrations explique que les agentEs « ne peuvent légitimement exercer leur droit de retrait au seul motif d’une exposition au virus ». Évidemment, cette note rappelle le minimum, c’est-à-dire que les employeurs sont tenus « de mettre en place des mesures de protection adaptées sans lesquelles les agents pourraient faire valoir leur droit de retrait ». Mais le cœur de la note n’est pas ici, mais bien dans les sanctions auxquelles s’exposent les personnels usant de leur droit de retrait. Elle rappelle et insiste sur leur « devoir d’obéissance hiérarchique » et sur les sanctions encourues (de la retenue de salaire jusqu’à la radiation). Cette note vise clairement à dissuader les agentEs d’exercer leur droit de retrait lorsqu’elles et ils s’estiment fondés à le faire, et ce alors que le gouvernement est dans l’incapacité de protéger l’ensemble des personnels en raison de la pénurie d’équipements de protection. 

Les louanges en direction des agentes et agents de la fonction publique ne suffisent pas (et ne feront pas oublier les politiques passées), il faut tout mettre en œuvre pour que celles-ci et ceux-ci bénéficient des protections nécessaires. Les fonctionnaires ont certes des devoirs mais le premier d’entre eux est de rester en vie !

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