Déconfinement à la Ville de Paris : le double discours

Les plans pour le déconfinement arrivent au niveau des services publics municipaux de Paris. Le premier constat est le manque de clarté. Aucune directive sur la réouverture des services en fonction de leur nécessité ou autres.

La Ville veut tout rouvrir mais en prenant le temps… (à moins que ce soit la réalité qui impose cela ? selon l’estimation de la Ville ce sont 40 000 agents qui doivent reprendre…). La seule directive : les services en télétravail sont invités à continuer en télétravail (enfin seulement si cela permet d’être « convenablement assuré »).

Des conditions de reprise des services pour le moins floues sont émises par la Ville (aménagements du travail, nettoyage et vérifications des sites, conditions de sécurités sanitaires pour les agents…). Et d’expérience, en réalité, chaque service fera ce qu’il veut…

Des dates ont été indiquées, en juin ou juillet, pour la reprise de certaines activités comme les bibliothèques ou piscines, alors que l’accueil du public ne peut se faire en réalité qu’en prenant en compte l’évolution de la situation sanitaire, et sont donc impossible à prévoir pour ces dates !

Le double discours de la mairie

La Maire de Paris, Anne Hidalgo, contribue grandement au manque de clarté : elle a signé une tribune avec 300 autres maires d’Île-de-France pour demander le report de l’ouverture des écoles mais, dans le même temps, elle organise la reprise des écoles pour le 14 mai, alors que cette décision dépend de la municipalité ! En réalité, la question qui se pose est de savoir qui assumera le marasme, tant la réouverture semble compliquée (quels enfants accueillir, comment le faire en sécurité pour les enfants et les personnels, etc.).

Avec ses 60 000 agents, la Ville n’est pas une petite entreprise. Ses décisions concernant ses salariés ont un impact direct sur la saturation des transports. La décision de faire reprendre 40 000 agents ne risque pas de contribuer à résoudre ce problème, et il ne suffira pas de faciliter la circulation des vélos…

Concernant la reprise du travail, la Ville ne compte pas réaliser des tests de dépistage auprès des agents. Ainsi, le service public risque de contribuer à faire repartir l’épidémie, alors que son rôle devrait être de contribuer à la limiter. La politique ambitieuse dont parlait la Maire dans les médias se résumera finalement à laisser la possibilité aux agents qui le demandent de faire un dépistage…

Un travail impossible à réaliser

Les conditions sanitaires sont un des éléments clés pour la suite et, là encore, il n’y a rien de très convaincant. Sur le papier, la Ville prévoit de renforcer le nettoyage notamment des parties communes et des parties accessibles au public. Mais comment la Ville va-t-elle assurer un nettoyage plus régulier et plus approfondi (virucide par exemple dans les espaces communs) alors qu'en temps normal les effectifs ne sont déjà pas suffisants pour faire correctement le ménage, et qu'il n’y aura pas tout l'effectif ? Ce ne sera donc pas fait et en plus une grosse pression sera mise sur les agents de nettoyage pour qu’ils travaillent plus. Là encore, on nous annonce beaucoup de choses mais on sait que cela ne se fera pas sans les moyens.

La Ville de Paris semble donc naviguer à vue comme le gouvernement. En partie à cause du gouvernement, mais aussi car elle ne prend ses responsabilités ni en fermant les écoles, ni en entamant la réflexion sur la nécessité de réouverture. La Ville de Paris se contente de faire comme avant, au lieu de s’appuyer sur les agents pour réfléchir et réorganiser. C’est là que les salariés ont à s’imposer : pour leur sécurité, celle des usagers et imposer que les services publics joue un rôle protecteur dans le cadre de la crise sanitaire.

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