Toulouse : victoire des grévistes de pédopsychiatrie du CHU

Après 16 jours de grève totale au mois de décembre, les infirmières, éducatrices et aides soignantEs de la Villa-Ancely l’ont emporté sur la quasi-totalité de leurs revendications. 

Cinq postes sont ouverts sur le service, avec stagiairisation des CDD, chaque absence sera remplacée, le service ne pourra plus tomber en dessous de 21 ETP (équivalent temps plein), aucune sanction ne sera prise contre les grévistes… À l’heure où les suppressions de postes se multiplient partout sur le territoire, cette victoire est importante.

Une grève réussie malgré les contraintes légales

Le droit de grève à l’hôpital est pourtant très contraignant. En effet, avec le service minimum obligatoire, la plupart du temps les grévistes sont assignés à leur poste et ne peuvent exercer un droit pourtant fondamental. Mais en respectant totalement la réglementation concernant ces assignations, et donc en réussissant à les éviter légalement, l’équipe de la Villa-Ancely a pu réellement se mobiliser : un piquet de grève quotidien qui bloquait les entrées du site de l’Hôtel-Dieu où se trouve la direction du CHU ; la convergence avec d’autres services de l’hôpital en grève ; une caisse de grève réussie ; des liens avec les étudiantEs et les personnels de l’université du Mirail mobilisés contre les projets de fusion…

Le fait de réussir à faire grève malgré les obstacles a été possible dans ce service et est donc possible ailleurs ! Les assignations sont très encadrées légalement : la personne qui signe doit avoir une délégation de pouvoir du directeur général (il faut la demander pour vérifier), la signature doit être un original et pas une copie, toutes les informations concernant l’agent et ses heures de travail doivent y figurer et, surtout, elle doit être remise en main propre avant la prise de poste : il n’est pas possible de la mettre dans le casier de l’agent ou de la donner à unE collègue.

Contre la casse de la santé 

Partout, les agents hospitaliers souffrent des mêmes problèmes : sous-effectifs, manque de moyens pour exercer leur métier dans de bonnes conditions, manque de reconnaissance de leur travail. Des services sont toujours en lutte au CHU de Toulouse, notamment le service transport du sang du 801 pour qui, après 84 jours de grève, les revendications ne sont pas satisfaites.

À l’heure où Raymond Le Moign, directeur du CHU de Toulouse, est nommé directeur de cabinet au ministère de la Santé, il n’y a rien à attendre de ce gouvernement. Le Moign a été un agent zélé de la destruction de l’hôpital public dans la région, il mettra ses compétences au service du projet de casse de la santé et de la sécurité sociale de Macron et Cie. C’est maintenant un mouvement national de grèves reconductibles dans la santé qu’il faut construire, alliant personnels et usagerEs. Par la mobilisation, il est possible de gagner !

Correspondante

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