Santé : démission de 1 200 chefs de service

Ce sont 1 200 chefs de service qui ont annoncé leur démission de leurs fonctions administratives à l’hôpital, dans une lettre envoyé à la ministre de la Santé le 13 janvier. 

« La dégradation des conditions de travail des professionnels est telle qu’elle remet en cause la qualité des soins et menace la sécurité des patients. » Ainsi s’exprime le collectif de médecins dans le courrier envoyé à Agnès Buzyn, faisant écho à ce que les personnels hospitaliers expriment dans les rues, et par la grève, depuis des mois. 

« Une volonté politique basée sur le profit »

Le « plan d’urgence » annoncé le 20 novembre par la ministre, alors dénoncé par les personnels mobilisés, n’a pas davantage convaincu ces médecins, qui font part de leur « profonde déception » et revendiquent « une revalorisation significative des salaires, en plus des diverses primes annoncées », « un Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) 2020 n’imposant pas de nouvelles économies aux hôpitaux », ainsi qu’une « révision profonde du mode de financement » des hôpitaux. Comme l’a expliqué l’un des démissionnaires, chef de service à Marseille, il s’agit de dénoncer « une situation de dégradation inexorable cautionnée par une volonté politique basée sur le profit ».

Les démissionnaires ont reçu le soutien de 5000 professionnelEs de santé qui, dans une lettre rendue publique le même jour, affirment : « Nous, personnels hospitaliers de toutes catégories professionnelles, apportons notre soutien aux médecins, chefs de service, responsables d’unités de soins ou membres nommés ou élus de structures, ayant décidé de démissionner collectivement de leurs fonctions d’administration, de gestion et de représentation, tout en continuant à assurer les soins aux patients. »

Des dissensions existent certes entre les différentes catégories de personnels, et certains freinent pour que le mouvement des hospitalierEs ne se joigne pas à la mobilisation contre la réforme des retraites, agitant la menace de la « dilution » des revendications de l’hôpital. Mais ces démissions en disent long sur l’état du système de santé et des hôpitaux, et sur l’exaspération des personnels, dont la longue mobilisation, largement soutenue par la population, subit depuis des mois le mépris du gouvernement. Contre Macron et ses sbires, le combat continue et doit se généraliser ! 

Correspondant

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.