Sanofi : un geste en attendant le jackpot ?

Troisième groupe mondial dans la santé, Sanofi vient d’annoncer un soutien de 100 millions d’euros, la moitié sous forme de don de médicaments, le reste en aide aux hôpitaux et aux Ehpad, et en financement de start-up spécialisées dans le coronavirus.

Un montant à comparer aux 7,4 milliards d’euros de résultat en 2019, sur un chiffre d’affaires de plus de 36 milliards. L’année précédente, 3,7 milliards avaient été distribués aux actionnaires.

En 2017, le groupe avait consacré plus de 10 milliards d’euros de « frais commerciaux et généraux », c’est-à-dire tout ce qui ne concerne ni la production ni la distribution, deux fois plus que pour la recherche et le développement…

Les 100 millions annoncés ces jours-ci sont avant tout un investissement pour servir la promotion d’un groupe qui espère décrocher le jackpot, si se réalisait l’autre annonce du patron : son « laboratoire serait en mesure de proposer un vaccin d’ici 18 à 24 mois ».

 

Masques : de la bidouille pour rattraper le retard

Gleyze, président du département, vient de commander « plus d’un million de masques en tissu réutilisable » qui seront mis « à la disposition de chacun, adulte comme enfant ». Bobet et Florian, pour la Métropole et Bordeaux, annoncent la même mesure, avec la commande de 800 000 masques en tissus. Mais quand ? on ne le sait pas.

Gleyze est fier d’annoncer qu’ils « seront fabriqués en Gironde »… Des entreprises privées s’emparent du nouveau marché à satisfaire, comme un patron de La Teste qui a fait installer 130 machines à coudre dans une salle municipale...

Des « solutions » dans l’urgence, pour compenser l’incurie de l’État et son refus d’assurer lui-même cette production à la hauteur des besoins... préférant laisser ce marché, et ses bénéfices, à des patrons du privé.

 

Masques : la spéculation continue

Comme les plus grosses entreprises et l’État, les pouvoirs locaux commandent eux-aussi massivement des masques, sur-blouses, charlottes…

Selon Rousset, il faudrait pour la Région trois millions de masques et tenues par semaine… et il déplore, impuissant, la spéculation sur ces biens : « Le prix des masques et des surblouses a été multiplié par dix. Il y a aussi, derrière, un enjeu purement financier. C’est du business ». D’habitude, dans sa bouche, c’est plutôt un compliment…

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