Psychiatrie au Havre : les grévistes perchévèrent !

La grève de l’hôpital psychiatrique du Havre (voir l’Anticapitaliste n°437) se poursuit depuis le 16 juin autour de l’occupation du toit des urgences. Face au mépris de l’Agence régionale de santé (ARS) et du ministère, les marques de soutien dans les services de santé et la population se multiplient.

Le collège des psychiatres a repris à son compte l’intégralité des revendications des grévistes. Le collectif de défense des services publics intervient sur les marchés et des banderoles fleurissent à des kilomètres à la ronde sur les hôpitaux, les EHPAD, les écoles et les entreprises. Le campement autour du toit est animé : concerts de soutien, slam, visites d’artistes, de personnalités… Mais aussi des patientEs que l’on retrouve nombreux et nombreuses sur le piquet. Un groupe de pompiers qui vient de déposer un patient aux urgences passe discuter : « On fait 40 bornes pour ramener un psychotique en crise, il sera quasiment revenu avant nous, ça n’a pas de sens... » Un peu plus tard, une infirmière de la PMI vient donner à la caisse de grève : « Ils ferment 17 postes dans le département, ça commence à bouger. »

Le mépris

Face à cette mobilisation, le ministère joue la montre. Jeudi 5 juillet, les grévistes montaient en car à Caen pour interpeller la ministre Agnès Buziness : refus d’audience. L’ARS, sur consigne du ministère, ne participe pas aux négociations. Édouard Philippe, ex--président du conseil de surveillance du Groupe hospitalier du Havre (GHH), ne répond pas aux interpellations.

Trelcat, le nouveau directeur général du GHH, mène seul les négociations. Sa consigne : ne pas céder sur l’ouverture de lits pérennes pour ne pas invalider la ligne du ministère. Alors qu’il vient avec quelques cadres rencontrer les grévistes jeudi soir, ceux-ci lui proposent de passer la nuit à l’HP pour prendre la mesure de la situation. Réaction : on les accuse de séquestration… Le lendemain, des négociations ont lieu en préfecture où les mêmes propositions sont réitérées : ouverture d’un pool de nuit de 13 équivalents temps plein (ETP), actée en CHS en 2016 mais jamais mise en œuvre, 2 ETP aux urgences et un service de transit ouvert sur un autre site de l’hôpital de manière provisoire pour accueillir les patientEs susceptibles de sortir, et résorber ainsi provisoirement le problème des lits supplémentaires. Cette dernière proposition, alors que le centre Pierre-Janet dispose d’un pavillon tout neuf, non occupé, et prêt à servir, résume à elle seule la dimension politique de la bagarre autour du nombre de lits.

Après le Rouvray, ajouter une nouvelle victoire

Si chacunE est bien conscient des limites des propositions de la direction, l’AG des personnels de vendredi 6 juillet a donné mandat de négocier un protocole de fin de conflit sur la base des dernières propositions de la direction afin de passer l’été dans des conditions raisonnables pour les patientEs.

Au vu du mépris affiché par les autorités, rien n’est pour autant réglé et une nouvelle manifestation de ville était organisée lundi 9 juillet. Ce qui est d’ores et déjà acquis, ce sont les liens qui se sont créés entre les personnels, la capacité à reprendre en main collectivement le métier, les soins et les conditions de travail face à la politique d’atomisation de l’ARS. On ne lâche rien.

Correspondant

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