Les jeudis de la colère dans les hôpitaux

Aujourd'hui, on était à peu près 200 manifestantEs, moitié hospitalierEs, moitié usagerEs, venuES de Pantin, venuES de la place des Fêtes, dans le 19e, venuEs des Lilas, venuEs du Pré-Saint-Gervais… Une unité citoyenne pour la défense de l'hôpital public, pour la défense de ce bien commun, tel que c'était clairement dit dans les différentes interventions. Le collectif inter-hôpitaux de l'hôpital Robert-Debré, hôpital pédiatrique de l'AP-HP (hôpitaux de Paris), n'a jamais baissé les bras et les syndicats SUD et CGT participent activement à la vie de de ce collectif localement. Le collectif regroupe toutes les catégories professionnelles de l'établissement, des médecins jusqu'à l'électricien en passant par l'infirmière, l'aide-soignante, l'administratif, le technique. La crise sanitaire nous a toutes et tous mobilisés, au point même qu'il a fallu ouvrir des salles de réanimation pour accueillir des adultes (Robert-Debré est un hôpital pour enfants) et, comme tous les collègues de tous les autres établissements hospitaliers de France, on a manqué de matériel de protection.

Première action le 1er Mai

L'accalmie récente de la pandémie nous a permis de relever la tête, de sortir la tête de l'eau et d'appeler à une assemblée générale le 28 avril qui a réuni une quarantaine de collègues. Notre première sortie remonte au 1er Mai : nous sommes sortiEs, nous avons fait le tour de notre établissement ; nous avons été accueilliEs très chaleureusement par toutes les personnes confinées dans les immeubles en face de l'hôpital qui nous ont largement applaudis, salués et encouragés. La deuxième sortie ça remonte à jeudi dernier, et du coup on a institué les « jeudis colère », les jeudis de la colère, et on grossit, on grossit tout le temps et s'il y a autant de monde aujourd'hui c’est parce que que la colère gronde de plus en plus.

Des moyens, pas des médailles !

La colère augmente parce que il est très clair maintenant que le gouvernement a décidé de poursuivre – malgré toutes les belles déclarations qu'on a pu entendre de la part du président de la République – la destruction de l'hôpital public, la destruction des services publics et la colère est grande parce qu’on ne veut pas des médailles ou défiler le 14 Juillet, ou même des primes !

Nos revendications d'avant la crise restent parfaitement intactes, restent entières, et il va falloir les défendre encore avec beaucoup plus de force et c’est d'une urgence absolue maintenant : c'est la revalorisation des salaires, des embauches massives, la réouverture des lits et changer la gestion de l'hôpital – toutes les catégories professionnelles doivent être associées à la gestion de l'hôpital. C'est ce qui s'est passé pendant cette crise où les administratifs, les directeurs, se sont retrouvés un petit peu sur la touche et où en fait cesont les soignantEs qui ont pris la main pour organiser le fonctionnement de l'hôpital et ont réussi à faire face… Donc démonstration est faite qu’on n'a pas besoin de cette couche de dirigeants administratifs pour faire fonctionner l'hôpital.

Il faut une initiative forte et nationale

Les jeudis de la colère continuent mais (et c’est un gros mais !) on a besoin très rapidement, vraiment rapidement, d'une initiative nationale centrale des grandes organisations syndicales, des associations et des partis : une convergence de toutes les forces qui se réclament de la défense de l'hôpital public pour une initiative nationale très rapidement !
 

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