La répression comme réponse à l’épuisement des soignantEs ?

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Ce lundi 2 octobre, Martin Hirsch, actuel directeur général de l’Assistance des hôpitaux de Paris, tenait son bilan de restructuration mis en place il y a un an, au comité technique d’établissement central au siège de l’administration de l’assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP). Rappelons que ce plan de restructuration est responsable d’une explosion des arrêts maladie au sein des équipes soignantes, des burnouts à répétition conduisant à des suicides d’infirmiers principalement. Ces drames sont dus aux conditions de travail très difficiles (horaires décalés, salaires bas, charge à la fois physique et psychologique, pression, course à la rentabilité etc.).

Parallèlement, suite à l’appel de Sud Santé-Sociaux, une marche des hospitaliers a été lancée le 25 septembre dans l’optique de dénoncer la situation sur les conditions de travail du personnel soignant et d’obtenir des améliorations, comme une augmentation de salaire de 500€ pour tous, 1700€ minimum, la réduction du temps de travail à 32 heures de jour, etc.

Cette marche, qui débutait le 25 septembre et passait par l’ensemble des hôpitaux publics en regroupant au fur et à mesure les établissements de l’APHP, se terminait lundi 2 octobre devant le siège de l’administration centrale de cette dernière. Elle se voulait solennelle en mettant en scène les cinq cercueils en hommage aux soignants qui se sont suicidés.

Arrivée devant le siège, la manifestation, pourtant pacifiste, a été confrontée à une rare violence de la part du dispositif policier prévu pour cet événement. « Pression physique, bousculade et gaz lacrymogènes directement vaporisés dans la figure des personnels présents, sans aucune raison », dénonce SUD dans son communiqué. Une des manifestantes a même été hospitalisée à l’hôpital de Cochin, suite à ses blessures. « La Fédération SUD Santé Sociaux appelle d’ailleurs toutes ses équipes, ses adhérentEs et plus largement les personnels hospitaliers et médico-sociaux à une heure de débrayage en signe de protestation, lundi 9 octobre de 12h à 13h, dans tous les établissements. »

Cette violence inédite sur le personnel soignant marque un pas de plus dans le tournant réactionnaire et répressif sur le mouvement social et syndical ces dernières années. Le gouvernement refuse visiblement tout dialogue et préfère la politique de la matraque. Les politiques libérales ne passent pas sans résistance et il le sait très bien ! Tout est fait pour dissuader les gens de résister. Cette violence est conforme à la violence sociale des coups portés par les dernières réformes. Face à cette régression, une seule réponse : la rue et l’unité !

Le NPA dénonce fermement la politique de répression qui a touché le personnel de l’AP-HP lors du 2 octobre 2017 et soutient les revendications des soignants. Nous précisons également que les conséquences au travail qui touchent l’AP-HP ne concernent pas seulement ces derniers mais l’ensemble des hôpitaux du territoire. Le reportage d’Envoyé Spécial, diffusé le jeudi 7 septembre, l’illustre parfaitement en prenant l’exemple du CHU de Toulouse soumis aux règles de l’entreprise privée et aux règles économiques drastiques.

Nous nous joignons à l’appel de l’ensemble des syndicats de la fonction publique qui appellent l’ensemble des salariés du publique, dont le personnel hospitalier, pour la journée de grève le 10 octobre.

Correspondante

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