La crise sanitaire révèle les dangers du transfert du CHU sur l’île de Nantes

Bien que peu touchée à l’heure actuelle par l’épidémie de Covid-19 en comparaison de l’Est de la France métropolitaine, la région nantaise a vu ses hôpitaux, mis en difficulté par l’afflux de malades. Manque de lits, de matériel, de personnels, recours aux dons… cette crise démontre de manière terrible que les politiques de réduction des dépenses publiques nous placent toutes et tous en grand danger. Le transfert des hôpitaux Hôtel-Dieu et Laënnec sur l’île de Nantes est un projet majeur qui s’inscrit dans la continuité des politiques menées depuis plus de 20 ans visant à offrir toujours plus aux intérêts capitalistes.

De nouvelles suppressions de postes !

Un coût d’un milliard d’euros annoncé, pour un coût réel estimé à 1,5 milliard. Un emplacement géographique difficile d’accès présentant des risques d’inondations et dont les sols instables imposent d’importants travaux de renforcement. Près de 350 lits supprimés sur un total actuel de 1 600 pour l’ensemble des établissements Hôtel-Dieu et Laënnec, accompagnés par une  suppression de 500 postes soit 800 emplois compte tenu des contrats à temps partiel.

Alors que nous sommes au cœur d’une épidémie dont les milliers de malades nécessitent une surveillance et des soins constants, il apparaît d’autant plus mensonger que ces réductions drastiques puissent être compensées par le recours accru à la télémédecine ou aux soins ambulatoires comme le prétend la direction de l’hôpital. Ces pratiques qui ont d’ailleurs déjà été en partie mises en place n’ont fait qu’engorger un peu plus les urgences du CHU et rediriger des patientEs vers les cliniques privées, leur imposant des dépenses non prises en charge par la Sécurité sociale.

Une aubaine pour les banques et promoteurs

Ce projet financé en majorité par l’emprunt auprès de banques privées, menace déjà de créer une dette qui servira de prétexte à de nouvelles restrictions de budget à peine le nouvel hôpital sera-t-il en activité.

Pour boucler la boucle, les promoteurs immobiliers peuvent se réjouir de la destruction de l’Hôtel-Dieu qui permettra d’ouvrir la voie à de nouveaux projets résidentiels qui ne seront accessibles qu’aux riches et renforceront un peu plus l’exclusion des classes populaires du centre-ville.

Les conditions actuelles révèlent pleinement les risques que présente le futur hôpital tel qu’il est défini aujourd’hui. Il est nécessaire d’en stopper la construction et d’exiger une nouvelle évaluation des besoins réels de la population et des soignantEs en les impliquant pleinement dans le processus.

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