La Chartreuse, 17e jour de grève (au 19 février)

L’hôpital psychiatrique de la Chartreuse à Dijon, qui compte 1100 employés, connaît un mouvement de grève reconductible largement suivi avec un piquet de grève motivé, malgré les désignations pour la continuité du service.

Service dégradé

L’établissement a subi trois suppressions de pavillons depuis la signature d’un « contrat de performance » il y a deux ans. Il est question de supprimer un pavillon supplémentaire, Buffon, et de passer de 21 à 25 patients par pavillons. Les syndicats ont appelé à manifester à l’occasion des vœux de la direction, qui du coup les a annulés. Un rassemblement a eu lieu et les manifestants sont allés exprimer « leurs vœux » dans les locaux de la direction pour dénoncer les chambres sans toilettes, les lits supplémentaires « provisoires » implantés sans sécurisation et le rôle des équipes soignantes qui devient du gardiennage.

La direction crispée

Elle se justifie en arguant de 2,5 millions d’euros de dotation en moins sur trois ans. Il n’y a pas eu de négociations, les rencontres avec les syndicats ont été annulées, même si circule le bruit que la fermeture du pavillon Buffon serait reportée. Il faut des semaines d’attente pour une admission et même des généralistes se plaignent de ne pouvoir faire hospitaliser des patients. La direction du CHU s'inquiète de devoir accueillir des patients en plus, en cas de fermetures de lits à l’HP.

Un mouvement unitaire

La grève reconductible a été décidée en AG et depuis le 5 février le mouvement s’installe. Le 7, ce sont les médecins qui ont appelé au soutien du mouvement et dénoncé les restrictions budgétaires qui empêchent d’assurer la qualité des soins.

Une intersyndicale regroupe CFDT, CGT et Sud, avec un collectif CHACHA (le nom familier de l’établissement) qui rassemble des non-syndiqués, organisant les présences régulières au piquet entre deux AG. Mais il n’y a pas eu de contacts avec d’autres établissements de la région (Novillars, Saint-Ylie…) et les démarches faites visent les élus locaux : des députés et un représentant de la Mairie sont passés en touristes. L’ARS a été interpellée et une pétition est largement signée par des usagers, des familles. Il n’y a pas de réponse et l’ARS garde sous le coude les chiffres de grévistes. L’AG du 16 février a reconduit la grève, bien suivie selon les porte-paroles du mouvement. Des actions en direction de la population sont prévues à partir du 19 février.

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