Gironde : grèves dans la santé

Depuis une quinzaine de jours, les luttes se multiplient, à Bordeaux et alentours, dans le secteur de la santé. 

Il y a d’abord eu 4 jours de grève à la clinique du Tondu avec un piquet d’une cinquantaine de salariéEs. Un coup de tonnerre dans cette clinique où il n’y avait pas eu de grève depuis 17 ans ! Malgré l’inexpérience, les grévistes se sont très vite organisés, trouvant des soutiens, popularisant leur mouvement et le prenant en main pour exiger des embauches. La direction a finalement lâché quelques heures ici et là dans les services, et s’est engagée à plus de respect des roulements. Elle a aussi accordé une prime de 130 euros ponctuelle (tout en refusant de payer les jours de grève). Aussi partielles soient-elles, ces avancées comptent et c’est surtout l’expérience de lutte, de démocratie et de solidarité qui a marqué les grévistes, avec la fierté de ce qu’elles et ils ont fait.

Congés de fin d’année supprimés 

Le 7 décembre, c’est au CHU que des salariéEs de divers services se sont mis en grève. Les raisons de la colère : le décompte des heures lors des arrêts maladie pour les personnels en horaires dits « atypiques » (9 h, 10 h 30, 12 h…) depuis un changement de logiciel. Ces agentEs se retrouvent à devoir des heures, et plusieurs ont découvert qu’ils n’avaient plus de congés de fin d’année ! Une soixantaine de salariéEs se sont invités auprès de la direction, exigeant avec le syndicat SUD (à ce jour seul partie prenante de la grève) que le CHU leur rende leurs jours et applique la décision de la cour administrative d’appel de Marseille de juillet 2017, qui leur donne raison. Face au refus de la direction, l’AG a voté la grève à l’unanimité. Depuis, outre l’occupation du rond-point, les grévistes font le tour des services, s’adressent aux collègues des autres établissements de la région… et sont allés voir les autres syndicats pour les appeler à soutenir. 

La solidarité s’organise à travers les réseaux militants, dont le collectif de lutte 33, des sections syndicales locales, Solidaires, le NPA. Les visites de soutien se succèdent au piquet, dont celle de Philippe Poutou, très appréciée, ou du député local de la FI… 

Et vendredi 8, c’est le personnel de l’hôpital de Libourne qui était en grève, à l’appel de la CGT, de SUD, de FO et l’UNSA, contre la remise en cause de l’accord RTT de 2002 et contre des projets de suppressions de postes. 

Autant d’expériences et de liens nouveaux très précieux. 

Correspondantes

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