Bordeaux : la grève continue aux urgences de St-André, depuis 3 semaines !

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Les salariéEs des urgences de l’hôpital Saint-André à Bordeaux se sont mis en grève le 27 décembre à l’appel de CGT, SUD et FO. Cela fait des mois qu’infirmierEs, aide-soignantEs et médecins du service réclament en vain du personnel supplémentaire, le remplacement de toutes les absences et de chaque départ du service. 

La direction n'a rien proposé durant les 2 réunions de négociations avec le personnel mobilisé et les syndicats Sud, CGT et FO. Elle a opté pour une stratégie de pourrissement. Pire, elle poursuit ses pressions et brimades de tout ordre, en profitant de la précarité des contractuels et en les harcelant, parfois sur leur temps de travail, pendant qu'ils réalisent des soins, ou encore en produisant de faux arguments juridiques sur les assignations, menaçant chaque agent de conseil disciplinaire... Malgré les manœuvres de la direction la mobilisation s'étend désormais à d'autres unités du site.

Par ailleurs la solidarité extérieure s'exprime avec de nombreux passages sur le piquet.

Pour faire converger les luttes au niveau local, une manifestation a été organisée avec les grévistes de l'hôpital Pellegrin le 15 janvier : deux cortèges se sont rejoints devant l'ARS. Le directeur a reçu une délégation qui lui a remis les quelques 4000 signatures de soutien (pétitions papier et électronique). L'ARS s'est offusquée des conditions de travail et de la précarité décrites par les agents... Le directeur s'est engagé à... prendre son téléphone pour appeler le directeur du CHU. Tant de sollicitude en deviendrait presque suspect, surtout quand on connait les discours habituels de l'administration. L'ARS découvre-t-elle réellement les conséquences de la tarification à l'activité (T2A) et de sa politique, à savoir que les hôpitaux ne sont effectivement plus en capacité d'offrir des soins de qualité à la population et martyrisent leurs personnels ? L'administration va-t-elle s'autoriser des titularisations, rassurée par les futurs amendements à la loi de mobilité qui permettra bientôt de pouvoir licencier un fonctionnaire pour motif "économique" ?

Les agents ont aussi envahi le CHSCT et envisagent de bloquer le CTE lundi prochain.

Ils ont également adressé une lettre ouverte au maire de Bordeaux, président du conseil de surveillance de l'hôpital, Alain Juppé.

Au niveau national, les agents contactent tous les services d'urgence actuellement en grève (Wattrelos, Cherbourg, Clermont-Ferrand, Auch, Vannes...) pour aller vers une convergence des mobilisations. Les revendications sont partout les mêmes !

Prochaine étape : l'AG nationale des hôpitaux en lutte, proposée par le syndicat SUD le 23 janvier à Paris. 

Sur place, le piquet de grève est toujours tenu entre midi et deux. 

Correspondante

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