Rouen (76) : Ras-le-bol à la mairie !

Pendant trois jours, du 20 au 22 juin, à l’appel de l’intersyndicale CGT-Sud-CFDT-FO-CGC, les agents de la mairie de Rouen ont fait grève.

Des services ont été fermés (crèches, bibliothèques, restauration scolaire, accueil principal de la mairie), et d’autres ont fonctionné a minima. Certains agents ont fait grève pour la première fois. De mémoire de syndicalistes, c’est une mobilisation sans précédent qui a eu lieu à la mairie de Rouen.

Un rassemblement a été organisé devant le musée des Beaux Arts avec le soutien d’élèves du conservatoire de musique, menacés d’être touchés par des augmentations significatives de tarifs pénalisant les plus pauvres. Le week-end, la grève des agents des services de la propreté s’est fait remarquer par l’absence de nettoyage, notamment sur les places des marchés, montrant l’utilité de ces agents à l’ensemble de la population.

Lundi 22, sur les 3 000 agents que comptent la mairie, dont 700 précaires (surtout dans les écoles,  la restauration, les centres de loisirs), 500 agents se sont réunis en AG et ont pris place au sein de la salle du conseil municipal à la place habituelle des élus et du maire. Signe que le malaise et le ras-le-bol des agents (y compris de certains cadres) sous pression sont profonds et ne datent pas d’aujourd’hui. Beaucoup de colère s’est exprimée face au refus du maire de ne pas reconnaître le  mal-être lié à la détérioration des conditions de travail due au manque de personnel et à la précarité.

Ça ne fait que commencer...

Les grévistes attendent du maire qu’il les écoute, qu’il prenne en considération leur souffrance au travail et leurs demandes de moyens afin de travailler dans de meilleures conditions, et d’être en capacité d’assurer les services dont ils ont la charge. Ils-elles veulent que soit mis fin à la précarité afin de pouvoir vivre décemment.

Si ces conditions ne sont pas réunies, les agents pourraient bien se manifester de nouveau à la rentrée de septembre. L’idée du « tous ensemble » scandée lors de l’AG était bien présente. D’ici-là un rendez-vous est donné le lundi 6 juillet à 18 h lors du prochain conseil municipal pour demander aux élus de ne pas voter l’augmentation des tarifs du conservatoire de musique.

Par le passé, la mairie de Rouen a fait le choix de renégocier les emprunts toxiques contractés par l’ancienne municipalité en payant une contribution de 5,3 millions d’euros au lieu d’engager une action en justice auprès des banques. Pourtant cet argent aurait pu servir à des services rendus à la population. D’autres choix sont possibles : il suffit de vouloir répartir les richesses autrement ! 

CSMH

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