Réforme du collège : moins d’enseignements, plus de n’importe-quoi !

Najat Vallaud-Belkacem vient d’annoncer sa future réforme du collège. Son objectif : faire baisser les heures de cours qui sont dispensées aux élèves au cours d’une semaine. Un rude coup porté, à travers cette baisse de moyens, dans des collèges déjà lourdement touchés par les suppressions de postes d’enseignantEs de ces dernières années.

Les heures hebdomadaires d’enseignement reçues par les élèves seraient en diminution, mais elles seraient globalisées sur plusieurs disciplines. Cela revient à mettre en concurrence les enseignants d’un même établissement pour le « partage du gâteau ».
La diminution des enseignements dispensés et des horaires disciplinaires sera soi-disant compensée par la création de modules d’enseignements pluri-disciplinaires en groupes d’élèves à effectif réduit. Cela rappelle les « itinéraires de découverte » mis en place par le gouvernement Jospin, disparus des emplois du temps des élèves de presque tous les collèges sans que soient restituées les heures d’enseignement sur lesquelles la création de ceux-ci avaient été prises...
La stratégie politique est implacable : prendre des heures de cours pour faire du saupoudrage, supprimer ces modules sans restituer les heures de cours. Il s’agit de ponctionner des moyens en douceur... À travers la création de ces modules, ce seront 20 % des contenus enseignés qui seront définis localement : un pas de plus contre le principe d’égalité porté théoriquement par des programmes d’enseignement nationaux.

Une réforme héritière des réformes de droite
Cette réforme prend modèle sur les heures de classe perdues ces dernières années par les élèves dans le premier degré avec la réforme Darcos (suppression du samedi matin). Elle prend également modèle sur la réforme Chatel du lycée, avec laquelle les lycéens ont perdu des heures de cours. On franchit aujourd’hui une étape supplémentaire dans la destruction de l’école publique : moins d’enseignements, plus de dérèglementation…
Une résistance unitaire est urgente et nécessaire et les syndicats sont attendus au tournant. Il est plus que temps de durcir le ton, mais les abstentions successives de la FSU dans les instances ministérielles ne vont pas dans ce sens. Le SNES-FSU titre dans sa presse : « une jeune ministre pour de vieilles idées » : espérons que ce titre offensif se traduise par un branle-bas de combat pour mettre les enseignantEs en grève et dans la rue le 9 avril.

Camille Sediart

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