Solidarité-migrantEs : marche internationale à la frontière franco-espagnole

L’interdiction de manifester de la préfecture de Perpignan n’y aura rien fait. La trentaine d’associations, partis et syndicats des Pyrénées-Orientales ont unanimement maintenu leur appel unitaire à manifester samedi 15 décembre à la frontière catalane nord/sud, dans le cadre de la Journée internationale des migrants.

Deux cents personnes, selon la police, ont marché aux flambeaux jusqu’à la frontière, au Perthus, lieu hautement symbolique du passage des Républicains espagnols, fuyant le franquisme triomphant (les « indésirables » de l’époque, en 1939).

Une trentaine d’organisation côté français des Pyrénées (seuls PG/FI et LO s’étant à nouveau illustrés par leur absence), mais aussi des organisations de Catalogne sud, les CCOO (Commissions ouvrières) de Barcelona, contactées par la CGT 66, ayant répondu favorablement. Et également des délégations d’Anticapitalistes, de la CNT, de l’ERC, de la CUP. 

Solidarité des deux côtés de la frontière

Au total, une belle manifestation de solidarité internationale antiraciste, avec des mots d’ordre dans plusieurs langues contre l’Europe forteresse, pour la liberté de circulation et l’égalité des droits. Certes, le regroupement régional, prévu initialement côté français, n’a pas pu avoir lieu du fait des mobilisations avec les Gilets jaunes dans les autres villes de la région.

À la fin de la manifestation, après une minute de silence en hommage à nos sœurs et frères de classe mortEs aux frontières de l’Europe, plusieurs prises de parole ont eu lieu en français, catalan et espagnol, pour souligner la nécessité d’un soutien aux migrantEs contre la montée des fascismes et des populismes, un thème très présent pour nos camarades sud-catalanEs et espagnolEs après l’entrée au Parlement régional andalou d’un groupe fasciste. La dénonciation des lourdes peines qui ont frappé les militantEs de Briançon pour délit de solidarité et les autres interventions ont montré les convergences des préoccupations des militantEs engagéEs dans la solidarité avec les migrantEs des deux côtés de la frontière.

Peu avant la manifestation, une conférence de presse s’est tenue de l’autre côté, à La Jonquera, au Musée mémorial de l’Exil (consacré à la Retirada), relayée par des médias sud-catalans. S’y sont exprimés le secrétaire de l’UD CGT 66, un dirigeant des Commissions ouvrières et la responsable de l’ASTI 66, parlant au nom du collectif qui appelait à la manifestation. À cette occasion, les messages fortement exprimés par les deux dirigeants syndicaux ont porté sur le fait que ce ne sont pas les migrantEs qui sont responsables du dumping social, mais bien l’exploitation capitaliste qui dresse les pauvres contre les plus pauvres et encourage les peurs, et qu’il s’agit d’une tâche essentielle du mouvement ouvrier et de ses organisations que de lutter pour l’égalité pour toutes et tous.

Un bon début de collaboration transfrontalière, antiraciste et internationaliste. Ouvrir les frontières pour une autre Europe, solidaire avec les migrantEs !

Correspondante NPA 66

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