Retraites : et on ira jusqu’au retrait !

Cette nouvelle semaine de mobilisation prouve que le mouvement pour le retrait du projet de loi sur les retraites continue bel et bien. Aux journées de grève qui s’accumulent, dans différents secteurs professionnels, viennent s’ajouter occupations de lieux et autres blocages. Nous n’avons pas dit notre dernier mot !

Le gouvernement ment

Après avoir fait le pari de la « trêve » de fin d’année il y a moins d’un mois, Macron et Philippe ont pensé que l’opération lancée autour de l’âge pivot, avec la complicité de la direction de la CFDT, produirait un effet de démobilisation. Il n’en a rien été, cette semaine l’a encore montré. D’abord parce que la CFDT pèse peu sur le mouvement réel, mais surtout parce que personne ne croit plus ce pouvoir. Et pour cause ! Le Premier ministre a précisé qu’il y aura dans tous les cas un « âge d’équilibre », et l’exigence du gouvernement est bien que les capitalistes n’augmentent pas leur part dans le financement (ce qu'ils appellent « coût du travail »), ce qui signifie que ce sont bien les salariéEs qui devront payer ! La « conférence sur le financement des retraites » ne peut donc aboutir qu’à une baisse des pensions et un allongement de la durée de cotisation.

Et comme on nous avait juré la main sur le cœur que l’objectif de la réforme n’est pas la mise en place des retraites par capitalisation, l’article 64 indique précisément que le gouvernement appelle le secteur de l’assurance à généraliser le recours à l’épargne-retraite. BlackRock, Axa et tous les assureurs privés peuvent se frotter les mains...

La flamme ne s’éteint pas

Un mois et demi de grève reconductible chez les cheminotEs et à la RATP, c’est exceptionnel, et en toute logique, les grévistes de ces secteurs attendent un second souffle du mouvement. Dans d’autres secteurs comme l’éducation, la culture ou l’énergie, les journées de mardi et/ou de jeudi ont permis une remobilisation, avec en particulier jeudi des manifestations certes moins massives que les précédentes (réunissant quand même plusieurs centaines de milliers de personnes dans tout le pays), mais dont le dynamisme et la variété ont étonné, preuve que le mouvement continue.

Et depuis quelques jours, se développent, souvent dans des cadres interprofessionnels, avec des jeunes, des actions montrant bien que l’« on ira jusqu’au retrait ! ». Opération « ports morts », occupations de rectorats et blocages de collèges ou lycées dans l’éducation, « interventions » collectives et bruyantes lors des vœux de représentants et amis de ce gouvernement, etc., le mouvement continue à se faire entendre.

Grèves, actions et blocages, continuer touTEs ensemble !

À l’appel des organisations syndicales, une nouvelle séquence de mobilisations est programmée pour les mercredi 22 et jeudi 23 janvier, avec une nouvelle journée de grève nationale vendredi 24 janvier, jour de présentation du projet de loi au Conseil des ministres. Sans attendre ces journées, la grève continue et doit chercher à s’étendre le plus largement, tout en déployant l’ensemble de nos capacités de nuisances contre ce système comme cela a été fait cette semaine : grèves, blocages, manifestations, actions contre les membres ou représentantEs du gouvernement… Avec pourquoi pas en point d’orgue une grande manifestation nationale contre Macron et sa casse des retraites.

Mettre un stop à plusieurs décennies de destruction de nos acquis sociaux, redonner à notre camp social la confiance dans la force qu’il représente, dans sa capacité à porter une alternative non seulement au macronisme mais aussi au système capitaliste, c’est l’enjeu de l’heure.

Vendredi 17 janvier 2020

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