« Réfractaires » d’ici et d’ailleurs, unissons-nous contre Macron et son monde !

Pas sûr que les baignades dans la piscine nouvellement construite au fort de Brégançon aient suffit à débarrasser Macron d’une poisse qui lui aura collé à la peau dès la fin de l’eucharistie footballistique. Entre les différentes « affaires » (Benalla, Nyssen, Kohler, Besson), la démission inopinée de Hulot, les valses-hésitations à propos du prélèvement à la source, les chiffres impossibles à cacher du désastre de ParcourSup, la Macronie a connu un été pourri... qui pourrait bien augurer une rentrée difficile pour le gouvernement. 

 

Sale été pour Macron

C’est avec « l’affaire Benalla » que la période estivale a mal commencé pour Macron et le gouvernement. Avec la chute de cette petite frappe du piédestal sur lequel le président l’avait propulsé en toute impunité, c’est une partie du voile d’hypocrisie recouvrant la véritable nature de la clique au pouvoir qui s’est brutalement déchirée. Après avoir frôlé l’overdose de discours pontifiants déversés en boucle dans les médias sur la « probité » de Macron, et sur ce que son élection signifiait du « renouvellement de la vie politique » et du retour de la « transparence », on aurait pu d’ailleurs en rire… S’il ne s’agissait pas en fait des méthodes d’un État, d’une police, d’un personnel politique aux mœurs pourries, qui n’hésitent jamais devant la violence, le mensonge, l’illégalité lorsqu’il faut défendre les intérêts des dominants. Que Macron, Collomb, Philippe mettent leurs mocassins vernis dans les traces des bottes sales de barbouzes au service d’un appareil d’État lui-même au service des capitalistes n’est certes pas une surprise pour beaucoup d’entre nous. Mais que cela éclate largement au grand jour, au moment même où la politique du gouvernement est de plus en plus ouvertement contestée, combattue, détestée, est un élément supplémentaire dans la maturation d’une crise sociale et politique. Cela va être par exemple un peu plus compliqué pour le pouvoir de faire gober toutes ses fables sur la « violence » des manifestantEs et le « professionnalisme des forces de l’ordre ». Comme cela risque aussi d’être un peu plus compliqué de faire croire que « l’écologie est une des priorités de l’action gouvernementale » après la sortie théâtrale de Hulot qui avait pourtant jusque-là réussi à avaler de grosses couleuvres ! Quant aux plaintes en cours contre la ministre de la Culture Nyssen ou contre le secrétaire général de l’Élysée Kohler, gageons que, quel que soit leur destin judiciaire, elles ne vont pas contribuer à rehausser le prestige du gouvernement...

 

Ce qui est pourri finit par tomber ou se décomposer...

En voyage au Danemark le 29 août, Macron a laissé échapper une petite phrase dont il a le secret, à la fois provocatrice et transpirant le mépris de classe, au sujet des « Gaulois réfractaires ». L’esprit de résistance qui anime une frange significative de notre camp social deviendrait-il une obsession pour Macron... qui se rêvait en Jules César écrasant la classe ouvrière avec des légions au service du capital ? C’était de « l’humour » a-t-il plaidé les jours suivants, devant l’ampleur des réactions. Après les « fainéants », les « cyniques », les gens « qui ne sont rien », on commence à être vaccinés contre ces qualificatifs utilisés par Macron pour désigner celles et ceux qui renâclent à se soumettre à une idéologie vantant les mérites du recul social, ou qui résistent d’une manière ou d’une autre à sa politique. Derrière le visage lisse et les paroles lénifiantes, la guerre de classe est à l’œuvre. Et sans doute pour Macron n’est-elle pas encore menée à un rythme assez soutenu. Il a effectivement encore de vastes champs à mettre à feu et à sang, en premier lieu l’indemnisation-chômage, les retraites, la fonction publique et la Sécu. Les calendriers sont calés, les « consultations » dans les ministères avec la plupart des directions syndicales continuent de plus belle, le rouleau compresseur semble toujours aussi puissant. Et pourtant, on sent que malgré son arrogance et sa volonté d’en finir une bonne fois pour toutes avec la contestation sociale, le pouvoir en place pourrait finir par perdre des batailles dans la guerre sociale. Le mouvement des cheminotEs et la mobilisation étudiante du printemps dernier, toutes les luttes incessantes du monde du travail, malgré la désorganisation entretenue par les bureaucraties syndicales, les mobilisations toujours en cours contre les grands projets inutiles et imposés, comme à Bure ou à Flamanville, et tous les reculs arrachés pied à pied à des patrons ou à des directions (dans la santé, dans le commerce, dans le nettoyage, à la Poste, à Notre-Dame-Des-Landes...) montrent la voie pour la construction d’un vrai mouvement d’ensemble contre Macron et ses donneurs d’ordres capitalistes. Rien n’est joué certes. Mais ni dans un sens ni dans l’autre. Et pour enfin gagner face à Macron, si touTEs les « réfractaires » s’y mettent au même moment, il n’y aura pas besoin de potion magique !o

 

Marie-Hélène Duverger

 

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