Qu’ils s’en aillent tous !

L’amnésique monsieur Delevoye a donc présenté sa démission. Il faut dire que l’énumération de ses « oublis » commençait à ressembler à une liste de courses de François de Rugy, continuant même de s’allonger après l’annonce de son départ. Conflits d’intérêts, rémunérations indûment perçues, cumul de salaires : les petits arrangements du monsieur retraites du gouvernement sont nombreux, et confirment que le « nouveau monde » que promettait Macron lors de son élection ressemble à s’y méprendre à l’ancien. 

Après Richard Ferrand, François Bayrou, Marielle de Sarnez, Sylvie Goulard, François de Rugy… le haut commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye rejoint la cohorte des ministres qui ont démissionné en raison de leurs pratiques douteuses ou illégales. Et il n’est probablement pas le dernier, tant le pouvoir, tout à son assurance et à son mépris, semble s’accommoder des magouilles politico-financières de ceux qui ont le bon goût de prêter allégeance à Macron.

Concernant Delevoye, le gouvernement feint la surprise. Mais de qui se moque-t-on ?! Qui peut sérieusement croire que l’exécutif ne s’est pas un minimum renseigné sur le CV de celui qui allait porter la réforme-phare de la seconde moitié du quinquennat ? Dans un article publié le 17 décembre, le Monde confirme d’ailleurs cette coupable indulgence : « Cette situation de cumul de mandats était connue du secrétariat général du gouvernement (SGG) […] rattaché au Premier ministre, dès 2017, et avait fait l’objet d’une décision validée par Matignon ».

Delevoye est parti, et c’est tant mieux. Il s’agit d’une première victoire pour le mouvement de contestation de sa contre-réforme des retraites. Mais ladite contre-réforme est toujours là, ainsi que tous ceux qui ont couvert leur petit copain Delevoye. Plus que jamais, le combat actuel est donc un combat contre Macron, sa politique et son monde : celui des riches, des arrogants, des magouilleurs, au service des multinationales, des banques et des assurances. 

Qu’ils s’en aillent tous ! Ce cri, qui résonne aux autre coins du monde, est également le nôtre. Et nous le ferons entendre dans les jours et les semaines à venir, en généralisant les grèves, en paralysant le pays, en les obligeant à reculer, à retirer leur « réforme » antisociale et en les poussant dehors une bonne fois pour toutes, afin de reprendre enfin le contrôle sur nos vies. Delevoye on t’a eu, Macron, on t’aura ! 

Julien Salingue

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