Pour une justice impartiale, pour le respect des libertés publiques, pour Roland Veuillet

Le samedi 30 mai, Roland Veuillet et quelques gilets jaunes se trouvaient sur un rond-point pour dénoncer les mesures anti-sociales et liberticides prises par le gouvernement ces dernières semaines. Comme à l’accoutumée, les gendarmes sont venus contrôler les identités et ont demandé à Roland de les suivre. Ils l’ont mis en garde à vue et présenté devant le juge des libertés le lendemain, dimanche 31 mai. Verdict : Roland a de nouveau été emprisonné jusqu’à son procès pour non-respect de « l’interdiction de manifester » que lui imposait son contrôle judiciaire. Notons que, depuis que Roland Veuillet est incarcéré et alors que les rendez-vous du samedi des gilets jaunes se poursuivent sur ce rond-point, il n’y a plus de contrôles policiers !

Cette interpelation intervient alors qu’au mois de février, Roland Veuillet engage un recours devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour dénoncer la partialité du Procureur de la République à Nîmes. En effet, ce dernier a contribué à réprimer durement le mouvement des gilets jaunes depuis le 17 novembre 2018. Suite à la saisie du CSM, le procès de Roland Veuillet prévut le 12 novembre avait des chances d’être délocalisé, comme en a informé le juge le 14 mai lors d’une audience pour visionner des caméras qui avaient été mises sous scellés. Hors, sans qu’il en soit informé en mains propres, ce n’est qu’en début de semaine que Roland Veuillet apprend de sa cellule que l’audience est avancée au 2 juillet, sans lui laisser le temps et la possibilité de préparer sa défense.

Toujours au mois de février, Roland Veuillet adresse au procureur une « Lettre ouverte » dans laquelle il dénonce l’illégalité de l’interdiction de manifester et lance une pétition « Défendre le droit de manifester » qui a recueilli à ce jour 26 450 signatures. https://www.mesopinions.com/petition/politique/defendre-droit-manifester/81089).

Cette décision de l’incarcérer une nouvelle fois n’a rien de judiciaire, elle est avant tout politique, car elle s’inscrit dans le cadre de la répression engagée par le pouvoir macroniste, contre le mouvement des GJ.

En effet le dossier pénal retenu contre Roland Veuillet est vide, mais il permet à la justice d’engager une procédure, et d’emprisoner un militant, afin de faire peur à tous.

Ainsi, lors d’un autre procès, le Procureur s’est permis de dire : « Plus le gilet est jaune moins la matière est grise ». Ce propos insultant à l’égard de tous les manifestants indique que les magistrats agissent selon leurs convictions idéologiques et non pas, selon la loi.

On note donc, qu’envoyer un Gilet jaune en prison, consiste surtout pour le pouvoir et sa justice  « aux ordres », de décrédibiliser ceux qui ne demandent qu’a vivre dignement.

Cependant, Roland Veuillet n’est pas un cas isolé, car Macron a engagé depuis dix huit mois, une répression inouïe : on compte près de 5000 GJ convoqués devant les tribunaux, auxquels s’ajoute des dizaines de milliers de gardés à vue dans les commissariats. Et à l’heure ou l’on reparle des violences policières, il n’est pas inutile de rappeler les dizaines de GJ mutilés, les centaines de blessés graves, les milliers de tirs de LBD 40 ( armes de guerre), les tonnes de gaz lacrymogène déversés, les millions de coup de matraque. Sans oublier bien sur, les très nombreuses amendes onéreuses (800 euros).

Pourtant, les GJ ne font qu’exprimer l’exaspération légitime de ceux d’en bas, ceux qui n’en peuvent plus.

Que nous enseigne ce double acharnement policier et judiciaire contre Roland Veuillet ? Qu’il y a ici, collusion entre le parquet et la police et de fait un écart inacceptable avec ce que devraient être le fonctionnement républicain de la police et celui de la justice dans une État de droit. Il ne s’agit pas de mettre en cause les institutions policières et judiciaires en général, mais de refuser un dérapage localisé inadmissible pour tous ceux qui sont attachés à la défense des libertés individuelles et collectives quelles que soient leurs orientations politiques. Dans ce cas, l’arbitraire policier a été laissé sans garde-fou démocratique. Pire, du fait de proximités locales entre certains fonctionnaires de police tentant d’abuser de leurs prérogatives et un procureur, les uns et les autres étant dans une situation de dépendance mutuelle dans le cadre de leurs fonctions professionnelles respectives.On emprisonne à deux reprises un citoyen simplement défenseur des droits de l’homme et des droits sociaux. On le traite même de manière plus implacable qu’un dangereux délinquant.

Tous les citoyens attachés aux libertés publiques, toutes les associations, les syndicats et les partis attentifs à la défense du droit de manifestation, tous les journalistes et les médias soucieux de préserver le cadre démocratique de leurs activités, tous les élus de tous bords politiques qui savent que le combat démocratique contre les dérives qui guettent nos institutions doit être sans arrêt relancé , doivent se mobiliser pour cette juste cause. Ils ne pourront plus dire, si jamais les reculs de notre État de droit se multiplient, qu’ils ne savaient pas, qu’ils n’y sont pour rien. Notre avenir démocratique dépend de chacun de nous, de chaque citoyen, de chaque journaliste, de chaque élu.

Le comité de libération et de soutien demande sa libération immédiate et la délocalisation de son procès, pour que les conditions d’une justice impartiale soient de nouveau réunies. Il demande aussi que le droit de manifester de Roland Veuillet soit rétabli, car comme l’écrivait Rosa Luxemburg alors qu’elle était en prison en Allemagne à cause de son combat contre la boucherie de 1914-1918 : « La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement. »

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