« Plus jamais ça ! » : l’unité doit servir à agir

Mercredi 20 mai, à l’invitation des associations et syndicats composant le cadre unitaire « Plus jamais ça, préparons le jour d’après »1, a eu lieu une première réunion avec l’ensemble des forces politiques de gauche. Pour les organisateurs, l’enjeu était d’ouvrir une discussion sur ce qu’il est possible de faire ensemble en terme d’initiatives et d’actions répondant aux urgences sanitaires, sociales et écologiques.

Étaient donc « présents » en ligne les principaux représentants des syndicats (CGT, Solidaires, FSU…) et associations (Attac, Copernic, Greenpeace…) composant « Plus jamais ça ! » – Philippe Martinez, Éric Beynel, Benoit Teste, Aurélie Trouvé, Cécile Duflot, Willy Pelletier… – et un arc politique très large allant du NPA – dont notre camarade Olivier Besancenot – au PS – avec la présence de Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Julien Bayou, Olivier Faure, Raphaël Glucksman… Soit une cinquantaine de participantEs au total.

Pour les organisateurs de la réunion, le problème n'est pas l'élargissement du collectif (ils tiennent à conserver une cadre limité aux syndicats et associations) mais d’avoir un cadre d’action commun avec les forces politiques, ce qui est positif. Ils proposent de construire des initiatives sur différents terrains : santé (la question de la gratuité des masques étaient omniprésentes dans la réunion), emploi, écologie... Ils ont aussi annoncé la sortie ce mardi 26 mai d’un « plan de sortie de crise », plan de mesures d’urgence proposé comme une contribution à la discussion.

Sans surprise, beaucoup d'interventions de représentantEs des forces politiques (en particulier autour du PS et de Place publique) étaient en dehors des réalités sociales et des mobilisations à construire, trahissant d’autres préoccupations : reconstruire une perspective programmatique à minima puis électorale pour « la gauche » (comme le montre aussi la tribune « Construisons l’avenir » publiée par différents médias il y a deux semaines). Les propositions des représentants de LFI, du PCF ou d’Ensemble ! étaient plus tournées vers la nécessité d’agir ensemble.

Refuser les petits calculs et les grandes manœuvres

Il y a un mois, comme d’autres forces politiques, le NPA avait répondu par un courrier public2 à la tribune « Plus jamais ça », devenue ensuite une pétition signée par près de 200 000 personnes. Pour nous, l’enjeu reste bien la nécessité de poser un cadre de mobilisation commun aux syndicats, associations et partis politiques, en se dégageant des petits calculs et grandes manœuvres d’une partie de la gauche en vue de 2022.

Le moment est important : après une période où la division social/politique a pesé durant le mouvement sur les retraites, à laquelle s’est ajoutée ensuite la période atone du confinement, il y a urgence à aider à la relance des mobilisations – en appuyant en particulier celle qui commence dans le secteur hospitalier – tout en défendant des mesures sanitaires (pour la gratuité des masques, pour une vaste campagne de dépistage) ou sociales (sur le terrain de l’emploi, du refus des licenciements par exemple). Nous avons aussi posé lors de cette réunion la question des résistances aux différentes formes de répression, avec la nécessité de défendre les libertés publiques et démocratiques.

À cette étape, il s’agit d’une première prise de contact qui doit être suivie d’une nouvelle réunion début juin pour continuer la discussion autour des initiatives à prendre, avec en perspective une possible déclaration commune syndicats-associations-partis pour les porter. Sans attendre, il faut s’appuyer sur l’existence positive de ce cadre pour voir comment cela peut aider la construction de collectifs locaux d’initiative, en particulier autour des questions de santé. À suivre…

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