Pitié-Salpêtrière : « l’attaque  » d’un hôpital parisien, une manipulation d’État parmi d’autres

Pour échapper à l’extrême violence policière contre les manifestantEs du 1er Mai, quelques dizaines de personnes se sont réfugiées dans l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Le début d’une manipulation et d’un mensonge d’État…

Macron et son gouvernement n’ignorent certainement pas l’attachement de la population à l’hôpital public, malgré les dégradations qu’il subit depuis des années en raison des multiples attaques des gouvernements successifs. En annonçant « l’attaque » d’un hôpital, par la voix de Castaner, le ministre de l’Intérieur, le pouvoir a cherché à faire appel à l’émotion et à l’indignation de la population et à occulter non seulement l’importance de la mobilisation mais aussi l’intense répression qu’il avait ordonnée. 

Les témoignages des soignantEs et les vidéos ont fini par faire éclater la vérité : il n’y pas eu de casse, de vol, de tentative délibérée d’envahir un service de réanimation. Bref, il ne s’est presque rien passé si ce n’est la casse de la serrure d’une porte d’entrée qui conduit au restaurant universitaire par des personnes paniquées par les charges des flics et les tirs de lacrymogènes. Castaner, sous la pression des témoignages, a fini par reconnaître, après 48 heures, qu’il n’y avait pas eu d’attaque, mais persiste dans le mensonge, en qualifiant l’entrée dans l’hôpital « d’intrusion violente ».

Le 14 juin 2016, des vitres de l’hôpital Necker à Paris avaient été brisées pendant une manifestation. Cet acte déplorable avait déjà été instrumentalisé par le gouvernement « socialiste » de Valls pour essayer de décrédibiliser la mobilisation contre la première loi travail. Et les grands médias n’avaient cessé de dénoncer pendant plusieurs jours les « hordes de manifestants violents »

Oui, ils cassent des hôpitaux et ils sont violents !

Des pans entiers de l’hôpital public sont détruits depuis de nombreuses années, afin de rentabiliser la santé et de transférer tout ce qui rapporte du profit aux établissements privés à but lucratif, propriété des grands groupes capitalistes internationaux.

Macron, avec son gouvernement, agit dans la continuité de ses prédécesseurs, mais avec ­encore plus d’intensité. Il est servi par des larbins comme Martin Hirsch, le directeur de l’AP-HP, et des médias qui relaient complaisamment ses mensonges. Il prétend par exemple ne fermer aucun hôpital, mais uniquement les restructurer afin qu’ils deviennent des « hôpitaux de proximité ». Or un décret de 2016 définit ce que sont ces établissements : « IIs exercent une activité de médecine autorisée par l’agence régionale de santé et ne sont pas autorisés à exercer une activité en chirurgie ou en gynécologie-obstétrique ». Bref, ce ne seront plus des hôpitaux, mais des Ehpad, des centres de santé publics, ou des maisons de santé privées, car rien ne garantit qu’ils resteront dans le secteur public.

Le gouvernement « transforme » les hôpitaux, et les surcharge car ils soignent des hommes et des femmes blesséEs, mutiléEs, éborgnéEs par les matraques, canons à eau, grenades, LBD… Des vies sont brisées. Alors c’est qui les casseurs ?

S. Bernard

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