PCF : le temps du renouveau ?

La fête de l’Humanité constitue, malgré son caractère commercial chaque année un peu plus prononcé, un temps fort de la rentrée politique.

L’an dernier, la polémique était de savoir si Mélenchon s’y rendrait. Cette année, la fête sera inévitablement la caisse de résonance des débats qui agitent la gauche. Ces débats, que nous abordons régulièrement, concernent la façon de s’opposer à Macron, la réponse à la crise européenne, la question du combat pour les migrantEs.  

Des formules radicales, mais…

Sur tous ces points, le PCF souhaite montrer sa spécificité, s’appuyer sur la dérive de Mélenchon et de la FI pour se reconstruire. Sur la riposte face au gouvernement, son positionnement est nettement plus unitaire : il a encouragé la politique que nous avons eue au printemps dernier, qui a entre autres abouti à la manifestation du 26 mai. Un positionnement adopté tant pour construire la mobilisation que… pour mettre en difficulté la FI.

Sur la question des migrantEs, il est revenu des positions nationalistes traditionnelles du PCF pour aller vers une position beaucoup plus ouverte : « Quand les migrants s’installent, ils deviennent des travailleurs et producteurs de richesses. Ce ne sont pas les migrants qui s’accaparent les richesses, mais les prédateurs de la finance, ceux des paradis fiscaux ou des multinationales, dont les profits explosent » (Pierre Laurent, cité par Pierre Jacquemain, regards.fr). Mais il ne met néanmoins pas en avant les mesures nécessaires : pour l’ouverture des frontières, la liberté de circulation et d’installation.

Concernant l’Union européenne, de façon un peu similaire, le positionnement du PCF semble proche du nôtre : « La politique de Macron et celle de l’Union européenne sont sœurs jumelles. Combattre l’une, c’est combattre l’autre et réciproquement » (Pierre Laurent, discours à l’université d’été du PCF 2018). Mais finalement, on ne trouve pas de mesure radicale, comme la rupture avec les institutions et traités de l’UE, la réquisition des banques, etc.

Le PCF semble toujours posséder cette faculté d’avancer des formules radicales mais sans en tirer les conséquences concrètes et pratiques, en restant focalisé sur des préoccupations institutionnelles.

Vers la révolution ?

Concernant son prochain congrès, Pierre Laurent parle de « réinvention, de révolution, de congrès extraordinaire », et de « la reconstruction de [sa] présence à l’élection présidentielle ». Mais on voit mal comment le PCF pourrait ouvrir une nouvelle dynamique sans remettre en cause les fondements de son institutionnalisation depuis des dizaines d’années : les alliances électorales avec le PS, la perte de son indépendance par son appui sur des dizaines de milliers d’éluEs dans les institutions ou par le biais des syndicats.

Sa campagne européenne, avec Ian Brossat comme tête de liste, est supposée incarner le renouveau du PCF… alors que Ian Brossat est justement élu à la mairie de Paris dans la majorité où siègent militantEs du PCF, de Génération·s, du PS… et macronistes.

À la fête, le PCF invite d’ailleurs, pour discuter des retraites et de fiscalité… des députés LREM !

Le NPA sera présent à la fête pour affirmer, avec des salariéEs de Ford, de La Poste, des cheminotEs, des migrantEs et ses porte-parole Olivier Besancenot et Philippe Poutou, sa volonté d’une riposte unitaire face à Macron, mais aussi la nécessité de promouvoir l’indépendance de classe, la construction de luttes qui vont jusqu’au bout pour renverser le capitalisme.

Antoine Larrache

 

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