Parti socialiste : « La fin d’une histoire » ?

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Après les 6,3 % de Hamon au premier tour de la présidentielle, le clan de Valls a sonné l’hallali pour le PS, alors que le reste de l’appareil recherche la formule magique pour ne pas boire une deuxième fois la tasse aux législatives.

«Les Français viennent de rejeter les vieilles étiquettes. (...) La gauche partisane telle que nous l’avons connue n’existe plus. C’est la fin d’un cycle, celui d’Epinay [création du PS en 1971]. C’est la fin d’une histoire. Une page se tourne, il faudra en réécrire une autre », a déclaré Valls lors d’une réunion avec ses partisans le 25 avril.

Toute cette frange du PS s’est évidemment félicitée du score de Macron et de son choix d’avoir rallié le candidat d’En Marche avant le premier tour... et cherche désormais à se placer franchement. « Nous devons participer à cette majorité présidentielle et à la majorité gouvernementale, à la majorité parlementaire qu’il faudra construire », a ajouté Valls. « Oui il faudra soutenir un gouvernement qui, d’une manière ou d’une autre, sera un gouvernement d’union nationale d’entente républicaine avec des hommes et des femmes venant de gauche et de droite ». Et hop ! Valls passe sans surprise de la tristesse factice face à la décomposition de son parti à la joie et l’impatience de la recomposition... pour peu qu’elle se fasse le plus à droite possible ! Lui, qui affirme qu’il a choisi « son pays plutôt que son parti » et à qui la petite histoire électorale du 23 avril semble avoir donné raison, se voit déjà de retour au pouvoir dans le sillage de Macron.

Un Macron qui dicte ses conditions : « Il n’y aura pas de coalition avec les deux grands partis existants, ni avec LR ni avec le PS. Mais dans les temps qui arrivent, il y aura une refondation de la vie politique qui verra des socialistes et des Républicains me rejoindre individuellement ». La droite du PS est incontestablement prête à franchir le pas d’ici les législatives.

Règlements de compte à tout-va

À propos de Hamon, Valls a déclaré : « Quand on mène au fond une campagne d’extrême gauche ou de gauche de la gauche, on récolte tout simplement les fruits de cette campagne »... Delanoë, lui, s’est lâché contre Aubry et son manque d’enthousiasme à appeler à voter Macron le 7 mai : « Je dis à Martine Aubry, ce bulletin Macron, il ne sent pas mauvais, il faut le prendre pour battre Mme Le Pen. Dans les années 30 en Allemagne, l’extrême gauche n’a pas voulu choisir entre les sociaux-démocrates et les nazis. Hitler a été élu par le suffrage universel ». Bonjour l’ambiance...

Autant dire que l’exercice d’équilibristes que Cambadélis s’apprête à orchestrer pour rassembler ce qui peut encore l’être du PS pour les législatives pourrait bien finir en deuxième crash. La direction du PS est en effet en train de plancher sur un programme électoral qui puisse rassembler des soutiens désabusés de Hollande jusqu’au clan de Hamon.

Pour concocter cette « plateforme législative », Cambadélis n’a pas dérogé à sa réputation de manœuvrier en nommant un quintet représentatif de la diversité socialiste actuelle... On y retrouve ainsi Le Foll, éternel homme-lige de Hollande, Marc Germain, soutien historique de Aubry, le montebourgeois Christian Paul, Guillaume Balas, indéfectible fidèle de Hamon, et enfin le numéro deux du parti, Guillaume Bachelay.

Une sacrée manière d’aller chercher les voix des électeurs des milieux populaires : personne ne sera dupe d’une telle entourloupe. Le suicide collectif est une autre façon de mourir, et personne parmi les anticapitalistes et les révolutionnaires ne versera une larme !

Marie-Hélène Duverger