Olivier Besancenot, vendredi, à Châteauroux : “Avant, le système prônait le service public, pas la rentabilité”

Publié par la Nouvelle République, par Bertrand SLEZAK. Olivier Besancenot, candidat du NPA (sic) aux présidentielles de 2002 et 2007, évoquera les mobilisations locales, vendredi, à Châteauroux.

Fin 2018, vous aviez rencontré les défenseurs de la maternité du Blanc, à Paris. La semaine dernière, ceux-ci ont enfin obtenu un rendez-vous avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui a assuré que le centre hospitalier sera consolidé, mais que la maternité ne rouvrira pas…

Ils ont bien raison de ne pas relâcher la pression et de continuer à se mobiliser. A l’époque, il était impossible d’obtenir un quelconque contact. Donc s’il y a une petite brèche qui s’ouvre mais que le compte n’y est pas, il faut amplifier le mouvement.

Comment réagissez-vous à l’argument principal qui a abouti à cette fermeture : celui de la sécurité, avec trop peu d’accouchements pratiqués chaque année ?

C’est un argument sordide : quand on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage. Il ne semble pas convaincre une grande partie des usagers et du personnel hospitalier, des médecins et tous ces élus qui ont démissionné (NDLR : symboliquement) quand la maternité a fermé. S’ils se battent pour un service qui prend des risques, ça veut dire qu’ils n’ont pas compris. Moi, je pense plutôt qu’ils ont raison.

Le département a été touché, ces derniers mois, par plusieurs fermetures de bureaux de poste, y compris à Châteauroux et dans son agglomération. Le facteur que vous êtes a-t-il des explications ?

La moitié des « vrais » bureaux de poste en France, qui offrent la totalité des prestations, a déjà fermé, ces dix dernières années. On rentre dans le dur puisque cela touche désormais les plus grandes agglomérations, voire la capitale, puisque celui de la gare du Nord a fermé. Aujourd’hui, on est dans une prestation au rabais, on cherche à avoir des antennes bancaires avec de gros portefeuilles, peu importe la fréquentation.

Cette baisse de fréquentation n’est-il pas un argument valable ?

Non car celui de la gare du Nord était extrêmement fréquenté. Dans mon propre bureau, on peut avoir plus de fréquentation une année, ce qui n’empêche pas une restructuration. Quoiqu’il arrive, il y a toujours des restructurations tous les ans et demi. Avant, le système prônait le service public, prenait en compte cette réalité avec la péréquation tarifaire, sans prendre en compte des critères liés à la rentabilité. On maintenait des bureaux de poste plus ou moins fréquentés dans les régions, tout simplement parce qu’on estimait que c’était nécessaire pour l’aménagement du territoire ou la satisfaction des besoins et on faisait payer le même prix du timbre que vous envoyiez votre enveloppe de l’Indre à Paris ou de Nice à Paris.

Il y aura sans doute des Gilets jaunes, vendredi, à Châteauroux. Partagez-vous l’ensemble de leurs revendications ?

C’est difficile de toutes les lister mais, pour les principales, qui sont une aspiration à la répartition des richesses et à la démocratie, oui, bien sûr. Nous ne sommes pas là pour professer les bonnes solutions mais pour aider à ce que ce mouvement se développe et remporte une victoire sociale et politique.

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