Municipales : Le NPA se lance avec une figure des Gilets jaunes

Une nouvelle liste souhaite représenter la gauche anticapitaliste dans la conquête de la mairie de Strasbourg.

Une troisième liste de la gauche anticapitaliste se présente aux élections municipales les 15 et 22 mars. « Strasbourg anticapitaliste et révolutionnaire » est soutenue par le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et a été déposée.

La tête de liste est Clément Soubise, cheminot de 32 ans. En numéro 2, on retrouve Isabelle Wendling, professeure en lycée professionnel. Elle est impliquée depuis le début dans le mouvement des Gilets jaunes à Strasbourg. Pour autant, le « QG Strasbourg-République » auquel elle appartient « ne se retrouve dans aucune liste » et ne donne pas de consigne de vote, comme lors des élections européennes de 2019.

La liste s’inscrit avant tout dans la contestation de la politique du gouvernement : la réforme des retraites, la réforme du Bac ou les sous-effectifs dans les hôpitaux. Au niveau local, elle propose l’encadrement des loyers, la fin des « grands projets immobiliers visant à attirer des sièges sociaux« , la réquisition des logements vides, le soutien logistique aux mouvements sociaux, la gratuité totale des transports en commun et la défense des services publics.

Au-delà d’un programme complet, la liste compte être « la voix des travailleurs et l’écho de leurs luttes » pendant la campagne, voire au-delà si elle obtient des élus. « Dans les quartiers, on n’est pas là pour dire “on va vous aider”, mais on va se battre ensemble », détaille Isabelle Wendling.

Trois listes proches

Déposée en préfecture, « Strasbourg anticapitaliste et révolutionnaire » ne sera pas seule tout à la gauche de l’échiquier politique. Lutte ouvrière (LO) a été la première formation à faire valider sa liste, conduite par Louise Fève, 39 ans. Idem pour Mathieu Le Tallec du Parti ouvrier indépendant démocrate (POID) qui a enregistré ses 65 noms pour « Strasbourg 100% services publics ».

Clément Soubise assume une proximité politique avec ces formations :

« Plusieurs listes défendent le camp des travailleurs ou prétendent le faire, mais il y a aussi beaucoup de listes qui défendent les riches, à peu près toutes les autres. Nous ne sommes pas hostiles à ces démarches. Nous sommes trop petits pour être le seul parti des travailleurs. Ce parti n’existe pas encore et il faudra l’inventer demain. »

Une réunion publique de la liste est prévue le vendredi 6 mars à la Maison des syndicats à 19h.

Plusieurs listes, une habitude

En 2014, deux listes anticapitalistes s’étaient présentées à Strasbourg : Pierrette Morinaud pour Lutte ouvrière (0,73%, 519 voix) et Elisabeth Del Grande pour le Parti ouvrier indépendant (0,39%, 283 voix) avaient terminé aux deux dernières places.

En 2008, trois listes avaient investi ce même créneau : Marcel Wolff (LCR ; 1,87%), Roland Robert (LO ; 0,68%) et Pascal Fischer (Parti des travailleurs ; 0,39%).

En tout, il devrait donc y avoir 11 ou 12 listes à Strasbourg en 2020. Le dépôt des listes sera clos jeudi 27 février en fin de journée.

Claude Serfati, économiste, chercheur auprès de l’IRES, est l’auteur, entre autres, de L’industrie française de défense, (Ed. La Documentation française, 2014) et Le Militaire: une histoire française (Ed. Amsterdam, 2017)

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