Municipales : Ivry anticapitaliste et révolutionnaire

La liste Ivry anticapitaliste et révolutionnaire portera dans les élections municipales un programme qui se veut le reflet des revendications des travailleuses et des travailleurs en lutte.

Alors qu’il réserve les cadeaux fiscaux aux plus riches, comme la suppression de l’ISF, le gouvernement accélère les attaques contre les classes populaires : loi travail, hausse de la CSG, réforme du chômage, fermeture de services public, réforme des retraites…

En même temps, les grands groupes multiplient les annonces de suppressions d’emplois. À Ivry, un centre de la Société générale va fermer, et la Halle aux chaussures vient de mettre la clef sous la porte, alors que les salariéEs de Carrefour se battent pour sauver leurs emplois. Et ce n’est pas en attirant à Ivry des sièges sociaux de grands groupes (comme Fnac-Darty), qui ne créent pas un seul poste, que se résoudra la question du chômage des classes populaires ivriennes.

Se loger est toujours plus difficile

À Paris, le prix au mètre carré dépasse les 10 000 euros, et les prix et les loyers suivent la même trajectoire à Ivry. Pour stopper cette spirale, il faut bloquer les loyers, réquisitionner ces 15 % de logement vides qui ne servent qu’à la spéculation. À Ivry Port, d’immenses terrains de la ZAC sont réservés à des bureaux qui ne trouvent pas preneurs. La mairie va payer des fortunes en pénalités bancaires : elle est garante de la SADEV, la société d’aménagement qu’elle a mandatée. Tous ces gens peuvent bien promettre un « renouveau de la ville » sur les quais, plein d’espaces verts et de trottoirs lisses, mais la vérité, c’est qu’au prix du mètre carré et des loyers, les habitantEs actuels n’en profiteront pas.

Pour être cohérent avec les promesses de « mixité sociale » et de « développement durable », il faudrait au contraire utiliser les terrains vacants pour du logement social et les services qui vont avec, privilégier la réhabilitation de ce qui peut l’être, et stopper les démolitions ­écologiquement désastreuses.

Pour les classes populaires, la crise est toujours là !

À Ivry, le chômage est plus élevé que la moyenne nationale et comme partout, les boulots précaires se multiplient : de plus en plus de gens sont obligés de combiner plusieurs emplois à temps partiel ou d’empiler les contrats en intérim. Pour celles et ceux qui ont un emploi stable, les conditions de travail s’aggravent notamment du fait du sous-effectif. 

Côté services publics, ce n’est pas mieux : Avec un taux de 5 médecins généralistes pour 10 000 habitantEs, Ivry est un désert médical, comme à la campagne. Des heures d’attente à l’hôpital, pas de places en maternité ou en crèche, classes qui ferment dans les écoles, enseignantEs non remplacés... À l’hôpital Charles-Foix, les hospitalierEs en grève depuis plusieurs mois dénoncent le sous-effectif permanent, qui met en danger les patients.

Quant à la défense de la planète, elle sert uniquement de prétexte au gouvernement pour justifier, d’un côté, de nouvelles subventions aux entreprises, et de l’autre, de nouvelles taxes et des licenciements pour les classes populaires. Notre santé est le cadet de leurs soucis. La catastrophe de Lubrizol, à Rouen, a montré le laxisme avec lequel les industriels et les pouvoirs publics considèrent la gestion des risques.

À Ivry, nous vivons à proximité d’un incinérateur dangereux en pleine reconstruction. En mai 2019, des fumées toxiques se sont échappées pendant plusieurs minutes, et l’opacité règne toujours sur les rejets de l’incinérateur. Gaspillage et surconsommation sont la source principale des montagnes de déchets, qui doivent être traités au plus près de leur production, et non centralisés dans des usines géantes.

En octobre dernier, Ivry a été le théâtre du 113e féminicide enregistré en 2019 en France. Les habitantEs ont témoigné de leur indignation en défilant massivement. Les meurtres et les violences contre les femmes sont les manifestations extrêmes de leur oppression dans la société, dans tous les domaines : emploi, vie de famille, représentation démocratique... L’indignation ne suffira pas : il faut défendre non seulement l’égalité des droits et des salaires, mais aussi la dignité que nie quotidiennement le système patriarcal.

Le gouvernement orchestre une campagne raciste à l’encontre des migrantEs et des musulmanEs, en particulier des femmes. Il invente les « excès » de l’aide médicale d’État et appelle à une « société de vigilance », directement sur le terrain de l’extrême droite. Cette politique détourne l’attention des questions sociales mais vise aussi à diviser : faire monter la haine, enrôler les pauvres contre les très pauvres, les déclassés contre les plus vulnérables. Pourtant, ce ne sont ni les roms, ni les migrants, ni les musulmans qui suppriment nos emplois et saccagent nos services publics ! 

Pour sa part, le NPA contribue à l’organisation de toutes les ripostes. La liste Ivry anticapitaliste et révolutionnaire portera dans les élections municipales un programme qui se veut le reflet des revendications des travailleuses et des travailleurs en lutte. Elle sera conduite par Brenda Labat, cheminote à gare de l’Est, et Simon Le Cœur, assistant social à la ville de Paris, tous deux impliqués dans la grève et les mobilisations depuis le 5 décembre.

Claude Serfati, économiste, chercheur auprès de l’IRES, est l’auteur, entre autres, de L’industrie française de défense, (Ed. La Documentation française, 2014) et Le Militaire: une histoire française (Ed. Amsterdam, 2017)

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