À Montpellier, les fachos sont de sortie... sous l’œil bienveillant de la police

Monsieur le préfet de l'Hérault ne peut guère se réclamer du mot « liberté », lui qui nous interdit de manifester publiquement nos opinions1. On n'irait pas non plus le ranger dans la catégorie « fraternité », lui qui a laissé sa police se déchaîner de manière fort peu fraternelle contre les manifestantEs le 16 mai à Montpellier. Il aurait sans doute aimé pouvoir être pris pour un défenseur de l'« égalité », puisqu'il avait pris soin d'interdire la manifestation d’extrême droite organisée dimanche par la Ligue du Midi à Montpellier, comme il avait interdit celle de la veille organisée dans la lignée des mobilisations Gilets jaunes et retraites.

Mais voilà. Chassez le naturel… 

« Une étonnante tolérance de la part des policiers »

C’est France Bleu qui raconte : « La police a-t-elle laissé faire les militants de la Ligue du Midi dimanche 17 mai à Montpellier ? Manifestation pourtant interdite par le préfet. Le rassemblement a bel et bien eu lieu, sous les yeux des forces de l'ordre, et alors que la journaliste Ysis Percq a été empêchée de faire son métier.
La polémique enfle sur l’encadrement policier des deux manifestations interdites le week-end dernier à Montpellier. Samedi 16 mai, une centaine de gilets jaunes ont bravé l’interdiction pour se rassembler sur la Comédie entourés par un très important dispositif policier. Bilan : 25 verbalisations et sept personnes interpellées.
Le lendemain, dimanche c’est la Ligue du Midi qui avait prévu de rendre un hommage à Jeanne d’Arc devant sa statue. Rassemblement d’extrême droite au cours duquel la journaliste de l’AFP Ysis Percq (également chroniqueuse éco sur France Bleu Hérault) a été intimidée et volée. La manifestation a bien eu lieu et elle a bénéficié d’une étonnante tolérance de la part des policiers présents. »2

« À douze contre un, une bagarre a éclaté »

Non contents d'avoir agressé et menacé une journaliste, lui avoir volé son portable, les nervis de ce groupuscule fascisant ont aussi voulu s'en prendre à un journaliste militant du journal le Poing. Voici ce que raconte ce dernier :

« Le dimanche 17 mai 2020, en début d’après-midi dans le centre-ville de Montpellier, je flânais seul dans la rue, sans même savoir que l’ "hommage à Jeanne d’Arc" allait finalement se tenir, et j’ai entendu une bande d’une douzaine de personnes crier "Panetier". Sans les connaître, j’ai compris à leur accoutrement qu’il s’agissait de militants d’extrême droite. À douze contre un, une bagarre a éclaté. Pour des raisons que j’ignore, ils ont pris la fuite. Quelques minutes plus tard, ils ont brisé la porte vitrée du local associatif du Barricade. Je ne souffre d’aucune blessure sérieuse. »3

L'attitude bienveillante des forces de l'ordre à l'égard de cette extrême droite violente et agressive n'est certes pas une nouveauté. Mise en parallèle avec la répression contre les mouvements sociaux, elle met en évidence la peur qu'éprouve le pouvoir face à nos mobilisations. 

Finalement, les « défenseurs de la république » qui nous gouvernent ne voient pas d'un mauvais œil l'existence de ce genre de groupes à l'idéologie réactionnaire, nationaliste, raciste, sexiste et homophobe.

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