Macron, président des riches… selon l’INSEE

Dans l’édition 2019 de son « portrait social », l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), peu suspect de sympathies anticapitalistes, confirme ce que nous répétons depuis le début du mandat de Macron : les politiques, notamment fiscales, de celui qui se présentait comme « et de droite, et de gauche », bénéficient avant tout aux plus riches.

« Le jackpot "des personnes aisées", cette étude de l’Insee qui risque de fâcher l’Élysée » : ce titre du Parisien (18 novembre), s’il peut faire sourire, correspond bien aux conclusions de l’étude de l’INSEE. On peut ainsi lire dans cette dernière que « les 10 % de personnes les plus aisées bénéficient d’un gain en niveau beaucoup plus important que les autres grâce au remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune par l’impôt sur la fortune immobilière et à la mise en place du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du patrimoine ».

Les riches toujours plus riches

En chiffres bruts, et en moyenne, les réformes de Macron, notamment sur la fiscalité du capital, ont ainsi permis aux 10 % les plus riches d’empocher 800 euros de plus par an, contre 130 à 230 euros pour le reste de la population. Si l’on regarde de plus près, et au-delà de ces chiffres pas forcément très parlants, on apprend dans le rapport de l’INSEE que la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI) a, à elle seule, rendu « près de 10 000 euros sur l’année en moyenne aux 350 000 ménages concernés ». Un joli pactole, auquel viennent s’ajouter les réductions d’impôts permises par le Prélèvement forfaitaire unique (PFU, plus connu sous le nom de « flat tax »), plafonnant à 30 % la fiscalité sur les revenus du capital, qui concerne 8,8 millions de ménages mais dont les bénéfices sont « très concentrés parmi les 5 % de personnes les plus aisées ». Qui plus est, « la hausse des prélèvements indirects [taxe sur les produits pétroliers et le tabac] en 2018 pénalise l’ensemble de la population, mais davantage les personnes modestes, à comportement de consommation constant » : tandis que les impôts pour les plus riches diminuent, on augmente les taxes, injustes par nature puisqu’elles touchent indistinctement les plus riches et les plus pauvres.

En résumé, et s’il était encore besoin de le démontrer, la « théorie du ruissellement » est une fumisterie. Ou, dans les termes plus policés de l’INSEE : « Le gain de niveau de vie est très concentré dans le haut de la distribution ». 

Correspondant

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