Loi « urgence coronavirus » ou « urgence patronavirus » ?

C’est depuis 2017 l’obsession de Macron, président des ultra-riches : « je ne cèderai ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ». Après la loi travail (2018), la retraite (2019), il profite lâchement de la crise sanitaire et d’une prétendue « union sacrée » pour faire voter en week-end dans le huis clos du confinement une « loi urgence coronavirus » sans limitation de durée.

Elle prévoit de « modifier les conditions d’acquisition de congés payés et permettre à tout employeur d’imposer ou de modifier unilatéralement les dates de prise d’une partie des congés payés dans la limite de six jours ouvrables, des jours de réduction du temps de travail ». Car le MEDEF veut diviser par deux les congés annuels : « Si c’est nécessaire pour limiter les conséquences économiques de la crise sans précédent que nous traversons en ce moment, les Français pourraient renoncer à deux à trois semaines de vacances en juillet et août. En tout cas, cela ne me choquerait pas » (Marianne 21/03/2020). Des ordonnances autoriseront les patrons des entreprises « nécessaires à la sécurité de la Nation ou à la continuité de la vie économique et sociale de déroger aux règles d’ordre public et aux stipulations conventionnelles relatives à la durée du travail, au repos hebdomadaire et au repos dominical » (art. 7). À la poubelle congés payés, RTT, 35h… histoire de reconstituer au plus vite les profits des capitalistes.

Sans attendre, un décret du 21 mars autorise les chauffeurs routiers à conduire 11 heures par jour, 60 heures par semaine et 102 heures sur 14 jours, dimanches compris. Le cynisme en prime : « Bien malin qui pourrait dire quand l’utilité de chaque modification prendra fin » (Alain Richard, LREM). Au moins les choses sont claires : confinement ou pas, les « premiers de cordée » ne perdent rien pour attendre lorsque la colère de millions de « fainéants » balaiera l’ancien monde, le monde de Macron.

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