L’extradition politique de Vincenzo pour avoir participé à la manifestation contre le G8 de 2001

Vincenzo Vechhi, militant politique italien arrêté et emprisonné à Rennes depuis une semaine, comparaissait ce matin devant la cour d’appel de Rennes. L’Italie et l’avocat général réclament toujours son extradition pour être jugé de sa participation aux manifestations contre le G8 de Gênes en 2011 et une manifestation antifasciste à Milan en 2006. La peine encourue est hallucinante : 12 ans de prison, 18 ans après, pour des faits mineurs et matériels. 

Les avocates de Vincenzo ont obtenu le report du délibéré pour le 23 août, la remise en liberté a, elle, été refusée. Car le dossier s’avère en réalité plus complexes que prévu pour les autorités italiennes : mandat d’arrêt européen incomplet, vices de formes dans les comparutions… Son avocate compte bien aussi rappeler le contexte de ces manifestations de 2001 : « des rapports récents sur le comité d’exécution des peines en Italie, parlant notamment de torture en détention et d’isolement total pour certains détenus », la mort d’un manifestant, Carlo Guliani, Amnesty International parlant, à l’époque, de « la plus grave atteinte aux droits démocratiques dans un pays occidental depuis la fin de la seconde guerre mondiale. »Aucun policier, aucun ministre, aucun commissaire ne sera d’ailleurs inquiété. L’Italie sera condamnée, quinze ans plus tard, par la Cour européenne des Droits de l’Homme pour n’avoir jamais poursuivi en justice ni identifié les auteurs de violences. 

Car c’est bien une affaire politique qui se déroule dans les murs du Parlement de Rennes. L’arrestation de Vincenzo a lieu alors que dans l’Italie de 2019, c’est l’extrême droite de Salvini et de la Ligue du Nord qui est au pouvoir. Ce dernier, qui ces derniers jours tente de renverser le gouvernement, veut montrer sa force, qu’après Cesare Batisti, il a enfin la tête d’un militant anticapitaliste et antifasciste. Et le gouvernement français, Macron, Castaner, Le Drian et Belloubet seront directement complices de l’extrême droite italienne en acceptant une extradition.

Ce mercredi 14 août, nous étions plus de 200 devant le Parlement pour soutenir Vincenzo : comité de soutien de Rochefort-en-Terre, militantEs politiques, syndicaux, associatifs, antifas... de Rennes et de Bretagne pour exprimer notre colère. Alors qu’Antonin Bernanos vient lui aussi de se voir prolonger sa détention, il est primordial aujourd’hui de réclamer la liberté pour touTEs les camarades antifascistes, touTEs les camarades du mouvement social et politique, touTEs les manifestantEs qui se retrouvent derrière les verrous d’une justice de classe, d’une justice aux ordres des gouvernements les plus réactionnaires et autoritaires. 

LIBERTÉ POUR VINCENZO, NON À L’EXTRADITION

Kevin Elté

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