L’arbitraire, ça se mérite !

Décidément, ce gouvernement reste droit dans ses bottes pour dynamiter l’ensemble des acquis sociaux. Après les annonces sur la généralisation de l’embauche des contractuels, le maintien du gel du point d’indice, le dynamitage des instances représentatives, les départs plus ou moins volontaires, les suppressions d’emplois, les abandons de missions ou leur transfert dans le privé, le gouvernement s’attaque à un nouveau chantier dans la fonction publique. Une des promesses du candidat Macron : la rémunération individuelle des fonctionnaires au mérite. 

Ces dernières années, les fonctionnaires ont perdu entre 8 et 10 % de leur pouvoir d’achat avec le gel du point d’indice. Face à cela, la seule réponse du gouvernement est de les précariser encore plus en rompant avec le principe de l’égalité de traitement qui s’applique à tous les fonctionnaires. Comment définir, par exemple, qu’unE enseignantE est méritantE ou pas ? Sur quels critères ? Ce système de rémunération peut aussi conduire à privilégier les publics les moins en difficulté : si l’on me dit que mes élèves doivent atteindre un certain niveau pour que je bénéficie d’une prime, je peux tout simplement être incitée à ne sélectionner que les « meilleurEs »…

Il y aurait donc désormais dans la fonction publique les méritantEs et les autres… Les femmes enceintes, les syndicalistes, les malades… La rémunération individuelle au mérite, c’est tout simplement le développement des discriminations dans la fonction publique et également le développement de la compétition entre les agentEs. C’est la volonté  de soumettre les salariéEs au dogme de la rentabilité, de transposer des pratiques du secteur marchand dans le secteur public. Or, paradoxe : dans le privé, les cadres peuvent effectivement être rémunérés sur objectifs, mais ce n’est pas le cas de l’ensemble des salariéEs.

Développement des CDD, salaire au mérite, compétition entre les personnels : tout cela vise à détruire le collectif de travail. Macron ne veut en rien moderniser la fonction publique mais la précariser, imposer l’arbitraire et mettre au pas toutes celles et tous ceux qui oseraient lever la tête.

La fonction publique, et donc les services publics, sont en danger : il est urgent que les fonctionnaires et les usagerEs se mobilisent massivement.

Joséphine Simplon

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