« La possibilité du fascisme »… à Perpignan

Vendredi dernier, la salle du Casal à Perpignan était bien remplie. À l’invitation du NPA, plus de soixante-dix personnes étaient venues écouter Ugo Palheta – et participer au débat – autour du thème (qui est aussi le titre de son livre) « La possibilité du fascisme ».

Un thème particulièrement d’actualité dans cette capitale du département des Pyrénées-Orientales (Catalogne Nord), ville traditionnellement à droite, qui menace de passer au RN à l’occasion de ces municipales. Perpignan serait la première  grande ville en France à tomber dans l’escarcelle de l’extrême droite.  Un enjeu national. Le dernier sondage place Aliot, le dirigeant RN bien connu (mais se présentant « sans étiquette » !), largement en tête au premier tour (35%), avec une droite éclatée et le maire LR sortant, Pujol, très affaibli (19% d’intentions de vote, alors qu’en 2014 le même sondage lui donnait 31%). La liste EELV-PS reste loin, avec 15% (tout comme celle du député macroniste). La seule liste à gauche, « L’Alternative – Perpignan écologique et solidaire » », une liste citoyenne soutenue par le PCF, la FI, l’ERC, Génération.s et le NPA, est créditée, selon les sondages, entre 8 et 12%. 

Le danger d’une victoire électorale du RN est donc bien réel à Perpignan. Un tremplin pour les ambitions de Le Pen de prendre le pouvoir au niveau national et mettre en œuvre, comme l’a développé Ugo dans sa présentation, son projet politique de « régénération » d’une communauté mythique au moyen d’une purification « ethno-raciale » de la nation française et d’un étouffement total des libertés démocratiques – et du mouvement ouvrier/social. Sur fond de crise économique et d’autoritarisme et de racisme d’Etat, la crise politique actuelle de domination de la bourgeoisie et l’absence d’alternative politique crédible réellement à gauche font aujourd’hui du danger fasciste une vraie possibilité. C’est cette inquiétude – bien  concrète à Perpignan – qu’ont exprimée, par leurs questions et interventions, les participantEs à la réunion-débat. La présence dans la salle de plusieurs représentantEs et militantEs de la gauche locale – FI, Générération.s, CNT, JC… - exprime également une volonté de clarification politique et d’unité de lutte : « La possibilité de combattre le fascisme » !

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