La colère éclate, ne restons pas sur le bord de la route !

Le week-end des 1er et 2 décembre, les jeunes du NPA ont tenu leur conférence nationale à Paris. Les 89 déléguéEs représentant plus de 260 militantEs ont échangé sur les expériences des deux dernières années mouvementées dans la jeunesse et ont discuté de la situation politique actuelle qui est riche de possibilités pour combattre la politique de Macron et le système capitaliste. Les congressistes ont adopté à la majorité la déclaration suivante.

La situation a changé. L’irruption dans la rue de celles et ceux qui triment et peinent à joindre les deux bouts à la fin du mois est venue bousculer l’actualité sociale du pays. Accompagnée de secteurs déclassés de la petite bourgeoisie, c’est bien une fraction de la classe ouvrière qui se mobilise massivement depuis plus de deux semaines : sa frange la plus précaire et la moins visible, souvent hors des radars des militantEs syndicaux ou politiques.

Malgré la confusion des revendications, le ciment de cette mobilisation est un véritable ras-le-bol contre la vie chère et la difficulté à boucler les fins de mois. La taxe sur le carburant n’a été que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Hausse des prix dans tous les domaines, bas salaires et petites retraites : il y a toutes les raisons de se révolter. 

Vers l’extension de la lutte des Gilets jaunes

C’est la remise en cause de l’ensemble de la politique de Macron qui est aujourd’hui en jeu. Et il n’est pas dit que le gouvernement arrive dans les jours qui viennent à éteindre la colère. Les mesurettes annoncées ont encore jeté de l’huile sur le feu. L’absence d’interlocuteurs qui serviraient de tampons pour canaliser et brider ce mouvement est un problème pour le gouvernement. Il met en scène ses discussions avec des porte-parole autoproclamés et cherche à remettre en selle les directions syndicales dépassées jusque-là par ce mouvement.

Nous, les militantEs du NPA Jeunes, devons intervenir activement et directement dans cette mobilisation en défendant notre propre politique : l’extension de la lutte des Gilets jaunes à celle de l’ensemble de la classe ouvrière et sa structuration dans les lieux de travail pour renforcer son caractère et ses perpectives de classe. Les révolutionnaires sont les seuls à être jusqu’au bout partisans de l’auto-organisation des masses ainsi qu’à vouloir que les mouvements ne soient pas dévoyés sur des voies politiciennes électorales mais aillent vers la perspective de la grève générale. De Le Pen à Mélenchon, les autres partis proposent leur politique : nous ne devons pas leur laisser le terrain libre ! C’est notamment la seule manière de combattre l’influence du petit patronat et de l’extrême droite dans le mouvement. 

Construire la mobilisation de la jeunesse

Partout où cela est possible, nous devons nous rendre dans les rassemblements, les blocages, les réunions des Gilets jaunes en y défendant notre politique. À la porte des entreprises, sur les marchés populaires, tout comme dans nos lieux de travail et d’étude, il faut chercher à étendre ce mouvement contre la vie chère sur nos bases.

Vendredi 30, les lycéenEs sont rentrés dans la bagarre largement sur une base politique : nous devons nous déployer sur les lycées le plus souvent populaires afin de pousser à ce que la mobilisation des jeunes se lie au mouvement d’ensemble contre la politique de Macron.

Dans les facs, l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiantEs étrangers choque et les jeunes commencent à s’organiser. Nous devons militer dans ce mouvement en cherchant à en faire une mobilisation de tous les étudiantEs – étrangerEs comme françaisES – contre cette loi qui renforce, après Parcoursup, la sélection sociale dans l’enseignement supérieur et préfigure l’augmentation des frais d’inscription pour toutes et tous. Cette mobilisation, nous devons chercher à la relier – dans nos analyses et dans les échéances de manifestation – à celle des ­Gilets jaunes pour que la jeunesse rejoigne cette lutte radicale et profonde, afin de changer le rapport de forces contre le gouvernement au service du patronat. 

La situation est enthousiasmante et ouvre de réelles opportunités d’intervention pour des militantEs révolutionnaires : mettons-nous en ordre de bataille pour les saisir !

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