Initiative contre la répression : inventaire, vigilance, mobilisation

Bonne surprise ce mercredi 20 mars au soir, avec une grande salle de la Bourse du travail de Paris bien remplie pour la réunion pour la mise en place d'un collectif anti-répression à l'initiative du SAF, du SM, d'Ensemble, du NPA, de l'UD CGT 75, de Solidaires et de Copernic.

Un état des lieux et des échanges d'informations précieux au moment où le gouvernement franchi de nouveaux pas dans l'escalade répressive.

Un inventaire terrifiant présenté par l'Assemblée des blesséEs, le site "Allo Beauvau" et des soignants avec le recensement quantitatif et qualitatif des blessures physiques et psychologiques. Un bilan malheureusement provisoire qui s'oppose au déni du pouvoir, au silence médiatique malgré les protestations de soignatEs, d'ophtalmos, et les mises en demeure d'instances internationales.

L'analyse des politiques répressives

Si la multiplication des lois répressives date d'au moins 10 ans, l'accélération est sensible depuis les mobilisations autour de la COP21 et l'engagement de l'assimilation jeunes des banlieues/manifestantEs/casseurs/terroristes. Des "outils" comme les LBD ou grenades de dés encerclement "testés" dans les banlieues et qui fournissent les instruments de la remise en cause de la doctrine d'un maintien de l'ordre à la "française". Des outils dont l'utilisation est spécifique, en Europe, à la France et qui s'oppose aux politiques de désescalade utilisées ailleurs. Des spécificités françaises qui s'organisent autour d'une main-mise très politique sur le maintien de l'ordre.

Les témoignages des militantEs, postierEs du 92, de Park Hayat, étudiants de Nanterre, du DAL et de Gilets jaunes présentEs ont permis de vérifier cette appréciation : la répression est la seule réponse du pouvoir à celles et ceux qui refusent les diktats économiques et sociaux du système soutenu par le gouvernement.

En troisième lieu le Syndicat de la Magistrature, le SAF et un représentant de Bastamag ont insisté sur l'actualisation de l'outil répressif. La loi "anti-casseurs" est une loi anti-manifestation qui du délit d'intention au fichage généralisé en passant par l'interdiction de dissimulation totale ou partielle ou totale du visage visent à dissuader, à interdire, de manifester. L'annonce de la présence de l'armée lors des prochaines manifestions s'inscrit pleinement dans cette logique.

Pour conclure Assa Traoré, du collectif Adama a appelé à construire, à développer la mobilisation contre la répression que ce soit sous forme d'inventaire, d'expertise et surtout de soutien à toutes celles et ceux qui en sont victimes.

Le recensement de toutes les blessures, la circulation du livret du manifestantE du SAF, sont d'ores et déjà engagé. Des manifestations devant les fabricants des armes anti-manifestantEs, la participation à l'Assemblée Gilets jaunes de Saint Nazaire sont inscrits dans notre calendrier.

La mise en place d'un collectif unitaire amplifiant l'initiative de ce mercredi est plus que jamais d'actualité.

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