Front national : Les deux pieds dans le système

Mis en cause dans le scandale des « Panama papers », en porte à faux face au mouvement social à l’offensive, rejeté par les assemblées populaires de « Nuit debout », le FN a bien du mal à jouer sa partition habituelle. « La voix des oubliés », l’organisation aux « mains propres et la tête haute », apparaît au grand jour pour ce qu’elle est : un parti autoritaire, fraudeur et affairiste, antisocial et totalement intégré au système.

Financements occultes ou illégaux

Dès sa constitution, et jusqu’à aujourd’hui, le FN s’est toujours illustré par un rapport particulier à l’argent. Rappelons que la fortune personnelle des Le Pen et les moyens financiers importants dont dispose leur parti, proviennent de l’héritage fort contesté dont ils ont bénéficié en 1976 à la mort du richissime cimentier Hubert Lambert. « Un vrai conte de fée... », dira Pierrette Le Pen, la compagne de l’époque du fondateur du FN. 

Et la gestion népotique de cette manne initiale conduira les Le Pen à de nombreuses reprises devant les tribunaux. Enquête sur le patrimoine en 2013, perquisitions au siège du parti sur les salaires de ses assistants fantômes au parlement européens... Il n’y a rien de surprenant ni à la mise en cause du FN dans le « Panama gate », ni à celle du sulfureux Frédéric Chatillon, activiste d’extrême droite bien connu.

Ennemi permanent de la classe ouvrière et des mouvements sociaux

Les habits neufs de défendeurs des oppriméEs dont aiment à se draper les dirigeants du FN ne résistent jamais à l’épreuve des mouvements sociaux. En 1995, au plus fort de la contestation contre le plan Juppé qui voulait « réformer » le système des retraites et la sécurité sociale, suscitant des manifestations monstres (2 millions de participantEs), Jean-Marie Le Pen fustigeait « une révolte de privilégiés » manipulée par des « gréviculteurs » (les organisations syndicales) qui conduisaient le pays « au chaos »...

Comment ne pas faire le lien et voir la continuité avec les propos tenus aujourd’hui par les actuels dirigeants du F-Haine, quand Louis Alliot déclare au Figaro que « si l’on porte un discours social, il faut l’avoir aussi pour les entreprises. Il faut bien admettre que les fonctionnaires, même les petits (sic !) sont mieux lotis. Je suis favorable à un État fort, mais cet État doit être au service des entreprises ». Marion Maréchal Le Pen n’hésite pas quant à elle à faire sienne la revendication du Medef en matière de retraites : « Départ légal à 65 ans pour bénéficier d’une pension complète »...

Pas d’expression dans nos AG et dans nos rues !

Sous des prétextes, des casquettes, et des formes diverses, les militantEs d’extrême droite tentent ou vont tenter d’intervenir par des prises de parole dans les assemblées générales de « Nuit debout », ou en attaquant l’occupation des places ou nos cortèges. Ce fut le cas à Lyon lors de la manifestation du jeudi 31 mars, où les attaques des nervis du GUD ont été repoussées par les antifascistes.

Plus que jamais il convient d’être vigilants et de ne laisser aucun espace aux racistes et aux fascistes.

Alain Pojolat

 

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