Faisons-les battre en retraite !

Grève de la RATP, luttes aux urgences et dans l’éducation, manifestations pour la justice sociale et climatique, 24 septembre contre la contre-réforme des retraites… Le mois de septembre est résolument placé sous le signe des mobilisations, avec un climat social agité et des volontés de convergences manifestes. Mais Macron et les siens, tout en prétendant renouer avec le prétendu « dialogue social », qui ne fait plus illusion pour personne, n’ont pas l’intention de changer de cap. Signe que les mobilisations doivent monter en puissance et converger pour qu’un véritable coup d’arrêt soit mis aux politiques ultra-libérales du gouvernement.

La journée de grève et de manifestations du 24 septembre est une étape dans un combat qui s’annonce tout aussi long et difficile qu’essentiel. Le projet de contre-réforme des retraites porté par le gouvernement est à bien des égards la quintessence de ses politiques, dont les ressorts essentiels sont la casse des droits sociaux, la destruction des systèmes de solidarité collective, la vente à la découpe de secteurs jusqu’alors – à peu près – préservés des logiques marchandes, et le renforcement des mécanismes d’inégale distribution des richesses.  

Travailler plus pour gagner moins ?

En modifiant les paramètres de calcul des pensions et des durées de cotisation, Macron vise une refonte globale du système de retraite, dont la finalité constituera une véritable saignée des pensions qui seraient amputées de 15 à 35 %.

Sous l’apparence d’un traitement égal, juste et universel, le nouveau système serait avant tout un nivellement par le bas généralisé. Actuellement seuls les meilleurs salaires sont pris en compte pour le calcul de la retraite. Calculer les pensions sur l’ensemble de la carrière, c’est calculer à partir d’un salaire de référence inévitablement plus bas, donc avoir une retraite automatiquement plus faible, plus particulièrement pour les femmes, les précaires… Compte tenu de l’allongement de la durée de cotisation prévue par la réforme, il faudra travailler plus pour gagner moins !

Plus largement cette contre-réforme va entériner un changement systémique car la baisse massive des pensions va progressivement ouvrir la voie à la capitalisation… pour celles et ceux qui en auront les moyens.

Du côté des jeunes et des salariéEs, tout le monde serait perdant si la réforme était adoptée, avec une baisse générale des pensions et un appauvrissement inévitable pour la quasi-totalité de la population. Ainsi, si cette contre-réforme ne résume pas à elle seule la politique du gouvernement, elle constitue le principal volet de l’acte II du quinquennat et devrait être à l’esprit de toutes celles et tous ceux qui se sont battus et se battent contre les politiques antisociales de Macron. Car même si le gouvernement annonce un calendrier « étendu » d’ici le vote de la réforme, c’est dès aujourd’hui qu’il faut organiser la riposte, en s’appuyant sur les résistances et les mobilisations en cours, en les développant, en favorisant les regroupements et en se fixant des échéances communes.

Unité pour construire un mouvement d’ensemble

Une seule journée d’action ne suffira pas pour faire plier le gouvernement et imposer le retrait du projet de réforme des retraites. Face au calendrier d’enfumage de Macron, il faut imposer un autre agenda social tirant les leçons des défaites antérieures. La journée du 24 septembre (à l’appel de la CGT et de Solidaires) est un point de départ, mais il s’agit de se donner des perspectives d’action durable, avec l’objectif de gagner. Le succès de la grève à la RATP est un premier encouragement, et les manifestations pour la justice climatique, tout comme celles des Gilets jaunes qui n’ont pas dit leur dernier mot, montrent que la combativité est bien présente et que Macron, même s’il joue les arrogants, n’est pas au bout de ses peines.

SalariéEs du public ou du privé, nous sommes touTEs attaquéEs, nous ne pouvons agir en ordre dispersé. Il est urgent d’opposer une résistance unitaire – syndicale, politique, associative – de toutes celles et ceux qui veulent mettre en échec le recul social sans précédent que constitue la contre-réforme des retraites. Un combat qui n’est pas concurrent, bien au contraire, des luttes sectorielles qui existent aujourd’hui et qui continuent de se développer, pas plus qu’il ne serait rival du combat pour la justice climatique. Comme l’ont montré les dynamiques de convergence du samedi 21 septembre, où se sont retrouvés côte à côte des salariéEs des urgences, des jeunes – et des moins jeunes – pour le climat, des Gilets jaunes, des militantEs politiques et syndicaux, etc., la conscience de la nécessité de se retrouver dans des mobilisations communes, sans nier les spécifiés de chaque lutte, est de plus en plus présente. Reste à la convertir initiatives communes, locales, régionales et nationales, et en journées de mobilisation et de grève de masse, unitaires, dont l’objectif ne serait pas de faire acte de présence lors de journées « témoignages » mais bien de bloquer le pays et son économie, seul moyen de faire trembler le pouvoir, de le faire reculer et, au-delà, d’en finir avec Macron et son monde barbare.

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