Et on ira jusqu’au retrait !

Après avoir fait mine de s’y opposer, la direction de la CFDT crie victoire et prétend qu’il faut discuter avec le gouvernement pour « faire évoluer » une contre-réforme qui vise à nous faire perdre plusieurs centaines d’euros chaque mois sur nos pensions. Mais la ficelle est grosse et l’opération d’enfumage qui vise à désamorcer une mobilisation inédite des salariéEs pourrait bien être la dernière cartouche du gouvernement. La nouvelle séquence de mobilisations sera sans doute déterminante.

Le retrait provisoire de l’âge pivot n’est qu’une manipulation visant à faire avaler l’ensemble du projet de contre-réforme.

Opération d’enfumage

Le Premier ministre a d’ailleurs précisé qu’il y aura dans tous les cas un « âge d’équilibre ». Ce retrait hypothétique est donc un leurre, qui n’a d’ailleurs pas longtemps fait illusion tant la manœuvre est grossière. L’annonce de décisions par ordonnances, d’une procédure parlementaire accélérée, ne laisse pas le moindre doute sur les intentions du pouvoir de passer en force.

La conférence sur le financement des retraites s’inscrit dans la même logique d’enfumage, puisqu’il s’agira pour les capitalistes de ne pas augmenter leur part dans le financement, ce qui signifie que ce seront les salariéEs qui devront payer.

En fixant à 14 % la part du PIB maximale allouée aux retraites, la réforme aboutira mécaniquement à une baisse des pensions et un allongement de la durée de cotisation. Faire baisser massivement nos retraites est bien l’objectif du patronat et du gouvernement pour offrir sur un plateau des dizaines de milliards d’euros aux assurances privées et fonds de pensions vers lesquels vont se tourner celles et ceux qui en ont les moyens. Les conflits d’intérêts entre le pouvoir et des groupes comme BlackRock en sont le révélateur !

Imposer le retrait total
de la réforme

La retraite par points, c’est toujours travailler plus pour gagner moins. Les travailleurEs mobilisés depuis le 5 décembre exigent le retrait total de la contre-réforme, sans négociations ni amendements. Les taux de grève à la SNCF et la RATP, les mobilisations de ces derniers jours, montrent que cette mobilisation ne faiblit pas. La solidarité, notamment par le soutien aux caisses de grève, indique que l’adhésion au mouvement est majoritaire dans la population, ce que confirment les enquêtes d’opinion, même celles menées et publiées après les annonces de Philippe sur l’âge pivot. La fuite en avant répressive est aussi le signe d’un gouvernement en difficulté face à la ténacité, la détermination des grévistes.

Il faut le redire : il n’y a pas de problème de financement des retraites. Les richesses existent, et il faut aller les chercher dans les profits et l’évasion fiscale. C’est pourquoi nous continuons de revendiquer une retraite à taux plein à 60 ans (55 ans pour les métiers pénibles) pour toutes et tous après 35 années de cotisations ainsi qu’une augmentation des salaires de 300 euros et le SMIC à 1 800 euros, avec l’égalité salariale entre hommes et femmes, ce qui permettra au passage d’augmenter les cotisations.

Amplifier la mobilisation, c’est le moment

Les jours qui viennent vont être déterminants. À l’appel des organisations syndicales une nouvelle séquence de grèves et de mobilisations s’est déroulée les 14, 15 et 16 janvier, qui confirme le maintien d’une large opposition à la réforme et d’une volonté d’en découdre avec le gouvernement, sans se résigner et sans rentrer à la maison sans une victoire. Il s’agit de franchir un nouveau saut qualitatif. Il y a un enjeu majeur à l’amplification et l’extension de la grève, notamment dans le privé, avec des secteurs ­stratégiques comme celui de l’énergie.

Il faut déployer l’ensemble de nos capacités de nuisance contre ce système : grèves, blocages, manifestations, actions dirigées contre les membres ou représentants du gouvernement… Gagner cette bataille c’est enfoncer un coin dans le monde de Macron. Cette victoire, nous en avons besoin non seulement pour mettre fin à plusieurs décennies de destruction de nos acquis sociaux, mais aussi pour redonner à notre camp social la confiance dans la force sociale et politique qu’il représente, dans sa capacité à porter une alternative au capitalisme.

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