Élections sous état d’urgence

La campagne officielle des élections régionales vient de s’ouvrir dans une indifférence complète. Pour les grands partis institutionnels, l’enjeu de ces élections est d’obtenir le maximum de postes dans des instances de pouvoir dont personne ne doute qu’elles sont, comme les autres, au service des grosses entreprises industrielles et financières. Ces partis gèrent leurs ambitions rivales plus ou moins en sourdine à l’ombre de l’état d’urgence qui étouffe toute vie démocratique au sein d’une population sous le choc des abjects attentats du 13 novembre.
La démocratie, jusqu’alors censurée par le pouvoir de l’argent et des grands partis est aujourd’hui étouffée par l’État et sa police. Hollande a engagé dans le domaine de la sécurité, de la politique internationale, une politique réactionnaire, comme il l’avait déjà fait sur le plan économique et social en satisfaisant toutes les volontés du Medef. De façon cynique, Hollande et Valls exploitent l’émotion de la population pour imposer au nom de la « guerre contre le terrorisme » une union nationale où les salariéEs sont invités à suspendre leurs mobilisations, la lutte pour la défense de leurs emplois et de leurs droits, alors que du côté du patronat, il n’est absolument pas question de revenir sur les plans de licenciements, les attaques contre les droits sociaux, les représailles contre les travailleurs d’Air France ou les militants syndicaux poursuivis en justice.
Et le seul parti qui profite de cette fuite en avant guerrière et sécuritaire est le Front national.
Alors, le seul geste utile dans ces élections sous surveillance est d’affirmer que nous ne nous sommes pas de cette union sacrée qui va du PS jusqu’au FN en passant par les partis de droite comme Les Républicains et l’UDI. Tous, y compris le Front de gauche, ont voté pour la prolongation de l’état d’urgence de trois mois.
Le NPA n’a pas pu présenter ses propres listes à ces élections régionales. Alors, la seule façon de voter le 6 décembre contre la guerre, l’état d’urgence, l’austérité et les licenciements, tout en affirmant notre volonté de combattre le terrorisme et le fondamentalisme religieux, de voter pour la solidarité internationaliste, est de voter pour les listes de Lutte ouvrière.

Galia Trépère

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