À droite, primaire… et surenchères réactionnaires

Six mois avant le scrutin des 20 et 27 novembre, les candidats de la primaire à droite rivalisent de prises de position réactionnaires tant il leur est difficile de se différencier de la politique du gouvernement Hollande-Valls.

Sans l’ombre d’une hésitation, Sarkozy en rajoute sur les thèmes xénophobes de ses précédentes campagnes de 2007 et 2012 dans l’espoir de reprendre au Front national une partie de son électorat. Lors d’un meeting qu’il a tenu le 8 juin près de Lille, il a égrené le thème de l’« identité de la France », menacée selon lui par la « tyrannie des minorités » et le « multiculturalisme ». Sa propagande ne fait pas dans la dentelle, c’est le moins qu’on puisse dire. La « double confrontation à une immigration massive et communautarisée, ainsi qu’à un islam intégriste minoritaire » menace ainsi selon lui de « remettre en cause nos modes de vie ». Se revendiquant comme « un chrétien » dans « un pays chrétien », Sarkozy a appelé « ceux qui veulent y vivre » à « respecter » sa culture et ses mœurs.

La plupart des autres candidats ne sont pas en reste sur ce terrain, de François Fillon à Nadine Morano, Jean-François Copé disant vouloir par exemple rendre obligatoire le lever du drapeau et la Marseillaise dans les écoles, tandis qu’Hervé Mariton a lancé une pétition contre l’apprentissage de l’arabe à l’école primaire...

« Au secours, la droite revient »?

Juppé, qui est encore en tête des sondages à droite, ou Nathalie Kosciusko-Morizet, jouent sur un registre un peu différent, se voulant plus modernes, disons moins réactionnaires en réalit. L’un vante « l’identité heureuse » et des « accommodements raisonnables » avec l’islam, l’autre affirme que « l’identité est une dynamique, pas quelque chose de figé dans le passé ».

Mais quand il s’agit de leurs politiques économiques et sociales, les candidats à la primaire avancent tous les promesses les plus anti-ouvrières et les plus libérales qui soient. Fillon avait ouvert le bal en juin 2014 en mettant à son programme la fin des 35 heures et de l’impôt sur la fortune (ISF), la retraite à 65 ans, des facilités supplémentaires pour les licenciements économiques, la baisse du nombre des fonctionnaires... Tous se sont alignés à quelques variantes près. Quant à Juppé, celui que Sarkozy qualifie de « mec de gauche », il se fait fort, lui, de mettre des mesures comparables en application dès le début du quinquennat : ainsi faire passer l’âge minimal pour partir en retraite... à 65 ans dès 2017 !

Inutile de dire que les ministres du gouvernement Hollande-Valls en campagne ne manquent pas d’agiter l’épouvantail de la droite pour légitimer leur présence au pouvoir et chercher à retenir les électeurs qui leur restent encore.

Mais qu’ils soient de droite ou de gauche, les gouvernements sont incapables de faire une autre politique que celle que leurs commanditaires, les puissants actionnaires des grandes entreprises, leur dictent. Seul un gouvernement issu des mobilisations du monde du travail et de la jeunesse et appelant ces derniers à mettre en œuvre les mesures d’urgence anticapitalistes qui répondent aux besoins de la population pourrait offrir une perspective progressiste.

Galia Trépère

 

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