Communiqué de la liste Saint-Denis anticapitaliste pour le second tour des élections municipales

La liste Saint-Denis Anticapitaliste pour les municipales de 2020 représente une voix indépendante des listes de gauche qui ont géré la municipalité. Pendant la campagne des municipales, nous avons affirmé l’urgence de mesures qui répondent aux besoins de la population. Cela passe par les mobilisations des salarié.e.s et des habitant.e.s. pour établir un rapport de force qui impose de consacrer l’argent public au développement des services publics d’éducation, de santé, de logement, de transports, d’énergie mais aussi de loisirs et de culture, au lieu d’augmenter sans fin les dividendes versées aux actionnaires.

Nous tenons à remercier celles et ceux, qui dans le contexte de crise sanitaire et de début de confinement, ont tenu à voter pour ce programme défendu par la liste Saint-Denis Anticapitaliste.

Au cours de la crise sanitaire, la solidarité entre habitant.e.s a permis d’éviter que des milliers de personnes ne s’enfoncent dans la misère et le désespoir. On ne peut pas oublier la solidarité des habitant.e.s et des collectifs pour les migrant.e.s et les réfugié.e.s abandonné.e.s dans la rue, par l’État et les collectivités. Cette solidarité, on la retrouve dans des quartiers souvent désignés comme invivables ou dangereux. À Franc-Moisin, Saussaie-Floréal-Courtille, Duclos, Langevin, des centaines de personnes ont développé des solidarités qui ont permis de soutenir celles et ceux qui ne pouvaient plus payer les loyers ou nourrir leur famille. Au lieu d’imposer des démolitions de logements sociaux dans ces quartiers, il faut faire rénover les logements et travailler avec les habitant.e.s pour mettre en œuvre des projets à la hauteur de leurs besoins. De plus, cette crise sanitaire, qui a violemment frappé les habitant.e.s de notre ville mais aussi celles et ceux qui y travaillent, a été aggravée par la politique de rentabilité du service public de santé, et par le manque de logements sociaux qui condamnent des milliers d’habitant.e.s à s’entasser dans un parc privé insalubre, dans des logements sur-occupés favorisant la circulation des virus.

La liste de Mathieu Hanotin prône cette politique de casse du logement social et d’autres services publics. Nous sommes donc déterminé.e.s à combattre sa liste soutenue par le Parti Socialiste mais aussi par les électeurs de LREM et de la droite qui sont tous responsables de la fragilisation du système de santé et de la mise en danger de la vie des hospitalièr.e.s. Alors que des milliers de Dionysien.ne.s n’ont pas retrouvé leur travail ou craignent de le perdre, M. Hanotin propose d’augmenter le temps de travail et de réduire le nombre des salarié.e.s des services publics municipaux. C’est exactement le contraire dont nous avons besoin. Pour s’assurer les voix de la droite, la liste de M. Hanotin propose l’armement de la police municipale. Au moment où la jeunesse se mobilise contre les violences policières qui tuent et mutilent, cette proposition sécuritaire est à combattre avec une détermination sans faille. Le projet de M. Hanotin est de transformer la ville, dans sa population même, en faisant partir les plus pauvres et en attirant des habitant.e.s un peu moins précaires et pauvres dont il se veut le porte-parole, tout cela en s'appuyant sur le Grand Paris. Son slogan réactionnaire de campagne "pour une ville équilibrée" est l'annonce des affrontements à venir.

Les résultats de la liste de Laurent Russier montrent que les politiques d’austérité, la délégation des services publiques aux entreprises, l’abandon des luttes sociales, de la solidarité avec les plus précaires, mal logés, sans-logis ou migrants par la municipalité sortante ont découragé son électorat populaire. Sa rupture politique avec la liste de Bally Bagayoko en refusant Majid Messaoudène est révélatrice d’un certain positionnement politique. Majid Messaoudène dénoncent depuis de nombreuses années les violences policières et le racisme que subissent les habitant.e.s des quartiers populaires. Nous le trouvons à nos côtés dans des manifestations pour la régularisation des personnes sans-papiers, avec les grévistes de la RATP. Nous le trouvons à nos côtés devant le commissariat pour dénoncer les conditions dans lesquelles les femmes victimes de violences sexistes y sont reçues ou revendiquer la libération de manifestant.e.s interpellé.e.s. C’est là une divergence profonde avec la politique de L. Russier qui réclame plus de policiers à Saint-Denis. Mais pour éradiquer les trafics, il faut d’une part démanteler les têtes des réseaux et d’autre part donner aux jeunes et aux moins jeunes la perspective de vivre dignement d’un travail utile pour toutes et tous. Nous ne voulons pas plus de flics mais plus de fric pour développer la prévention dans nos quartiers, ce qui passe par des moyens pour les associations de lutte contre les violences sexistes et racistes, des moyens pour développer la diversité des expressions culturelles et artistiques.

Quand dans une commune de 100 000 habitant-e-s, seuls 14 000 votent au premier tour, il faut se poser la question du poids décisionnel de celles et ceux qui vivent sur le territoire sans pouvoir participer aux élections, du désintérêt pour cette campagne de celles et ceux qui ne se sont pas déplacé.e.s et de la représentativité et de la légitimité des futur.e.s élu.e.s. Parce que nous ne voyons personne capable d’infléchir les politiques d’austérité au prochain conseil municipal, nous appelons les habitant.e.s de Saint-Denis à rejoindre les luttes et les mouvements sociaux pour construire un projet politique résolument anticapitaliste pour une véritable amélioration des conditions de vie.

 

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