Capitalisme en crise, macronisme à l’offensive : résister, débattre, riposter

Après les mobilisations du printemps autour de la lutte des cheminotEs, l’été a été bien orageux pour Macron et son gouvernement. Pourtant, tout avait bien commencé avec la « bienvenue » victoire des « Bleus » au Mondial de foot, donnant l’occasion à Macron de manifester chauvinisme et démagogie.

Mais les vedettes millionnaires, estampillées par Macron représentantes des banlieues et de la diversité, étaient à peine rentrées chez elles qu’éclatait l’affaire « Benalla ».

Un été sombre

Une nouvelle illustration de la complémentarité du libéralisme et de l’utilisation de barbouzes agissant au-dessus des lois, avec ministres et responsables divers se contredisant et tentant de justifier l’injustifiable. 

Tout l’été, la question du climat avec les orages, les épisodes caniculaires, la sécheresse et les multiples catastrophes aux quatre coins du monde, s’est en outre invitée de plus en plus largement dans les débats, suscitant de plus en plus d’interrogations, et amenant même le pantin de l’écologie, Hulot, à se réfugier dans sa propriété de Saint-Lunaire, peut-être pour bricoler un de ses neufs véhicules à moteur – dont six voitures.

Le refus d’accueillir les passagerEs de l’Aquarius a quant à lui contribué à maintenir dans l’actualité la question migratoire, une question installée depuis des années en toile de fond de la vie politique avec les refus, d’un bout à l’autre de l’Europe, d’accueillir les victimes de l’impérialisme et du chaos généré par l’économie capitaliste.

Acharnement

Malgré cet été calamiteux, le gouvernement semble s’engager dans une vaste fuite en avant avec des contre-réformes tous azimuts. Au programme, la mise en cause du système de retraites par répartition et des dispositifs de l’assurance-chômage, la réduction drastique des effectifs dans la fonction publique, la dénonciation des arrêts de travail (dont il est reconnu que leur augmentation est due, pour l’essentiel, au report de l’âge de la retraite), une loi PACTE favorisant l’épargne salariale et ouvrant le champ des privatisations…

Cette politique est à l’unisson de celles menées sur l’ensemble de la planète. Avec la déroute avancée des partis supposés représenter la classe ouvrière et les classes populaires, les organisations d’extrême droite sont les principales bénéficiaires du désarroi engendré par les gouvernements au service de la bourgeoisie. De l’Italie à la Turquie en passant par la Suède et la Hongrie, de plus en plus de gouvernements font une large place à l’extrême droite et/ou sont sous son influence.

Combattre ce système

Face à ces attaques généralisées, ces reculs profonds, ces désarrois incrustés, les ripostes sont presque tout entières à construire. Ici, l’agenda de rentrée des organisations syndicales reste englué dans le dialogue social, et ne propose qu’un fractionnement infini des dates de mobilisations et une nouvelle journée nationale sans lendemain le 9 octobre. La proximité des élections fixant la représentativité dans les fonctions publiques semble être la principale préoccupation des organisations syndicales… 

Du côté des organisations politiques, l’horizon est d’ores et déjà obstrué par les élections européennes. La « tambouille » et le « potage des sigles », si violemment dénoncée il y a peu par Mélenchon, masquent mal l’effacement des bilans, les confusions ou égarements sur la question des migrantEs ou de l’Europe « sous contrôle allemand ». 

La construction d’une mobilisation large appelant à rejeter l’ensemble de la politique du gouvernement peut seule fournir le socle d’une riposte globale mettant en cause les fondement d’un système basé sur l’exploitation forcenée des hommes, des femmes, de la planète. La mobilisation « citoyenne » qui, dans le monde entier, a rassemblé des dizaine de milliers de manifestantEs dans près de 100 pays illustre un refus largement partagé de cette logique. 

Bien sûr nous serons dans la rue le 18 septembre avec les cheminotEs, le 22 à Bordeaux avec les Ford, au côté des postiers du 92, avec les étudiantEs en lutte contre la répression… et le 9 octobre pour la journée interprofessionnelle contre la réforme des retraites. Mais avec l’idée, la volonté de convaincre qu’une course qui doit conjuguer vitesse et fond est engagée contre ce gouvernement, ce système. Et que des initiatives regroupant partis, syndicats, associations doivent aider à construire une mobilisation qui s’inscrive dans la durée, qui passe par un blocage de l’activité économique, qui organise aussi la lutte contre une répression visant à décourager l’engagement dans ces combats. Le NPA prendra des initiatives et toute sa place dans cette construction. 

Robert Pelletier

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