Bordeaux : l’équipe anticapitaliste autour de Philippe Poutou s’invite dans la cour des « grands » aux municipales

En passant de 11% à 12% des intentions de vote sur un sondage BVA publié ce 20 février, la liste anticapitaliste Bordeaux en luttes emmenée par Phillipe Poutou s’invite dans la cour des « grands » prétendants au second tour des municipales. Elle dépasse en effet la liste Renouveau Bordeaux (LREM) de l’énarque et macroniste de la première heure Thomas Cazenave pour se placer en troisième position derrière le maire par intérim sortant Nicolas Florian (LR) et la liste Bordeaux Respire (EELV-PS-PCF-Génération.s) dont le numéro un Pierre Hurmic affirme que le bilan de Juppé est « globalement bon ».

Faire entendre la colère d’en bas dans un paysage de notables 

Soutenue par NPA, le collectif Bordeaux Debout, la France Insoumise, et composée de syndicalistes de base, de gilets jaunes, de militantEs de terrain - qu’ils et elles soient salariéEs, étudiantEs, chômeurSEs – l’équipe de Bordeaux en luttes entend bousculer le jeu électoral pour y faire entendre haut et fort la colère sociale de « ceux qui ne sont rien » et qui payent cher la crise. Dans ce paysage de notables de bonnes familles, il s’agit de faire écho à la radicalité exprimée dans le mouvement de grève contre la réforme des retraites depuis le 5 décembre et pendant le mouvement des gilets jaunes (très fort à Bordeaux) autour d’un programme de rupture résolument anticapitaliste. 

Un programme de rupture résolument anticapitaliste

Les mesures phares de ce programme s’en prennent directement aux intérêts du patronat, des grands propriétaires fonciers et des spéculateurs de tous poils dans la métropole pour répondre aux besoins élémentaires des exploitéEs et oppriméEs ainsi qu’aux urgences écologiques et démocratiques : réquisition et expropriation des grandes entreprises qui licencient, réquisition de tous les logements vacants, transports collectifs gratuits, développement centres d’hébergement d’urgence pour les migrant-e-s et femmes et personnes LGBT+ victimes de violences, cantines scolaires gratuites, interdiction des pesticides, désarmement de la police municipale, régie publique de l’eau, RIC municipal décisionnaire, révocabilité des éluEs… Sans diffuser d’illusions électoralistes1 sur une possible gestion « de gauche » de la ville dans le cadre du capitalisme, voilà de quoi ouvrir la discussion sur le projet de société dont pourrait se doter l’ensemble de notre classe pour en finir avec l’exclusion, la pollution, la gentrification des quartiers populaires, la misère sociale et la violence dont les agglomérations comme Bordeaux sont le triste théâtre. 

Renverser la table du conseil municipal

Un score électoral tel que celui prévisionné par ce dernier sondage pourrait propulser au conseil municipal de Bordeaux des élu-e-s comme Phillipe Poutou, ouvrier de l’usine de Ford de Blanquefort récemment licencié avec la complicité hypocrite des pouvoirs publics, mairie comprise. C’est dans ce type d’affaires qu’ils et elles pourront mettre leur nez pour dénoncer sur la place publique les politiques antisociales et répressives qui sont menées, que les majorités municipales soient de droite ou « de gauche ».

  • 1. Le tract de campagne de « Bordeaux en lutte » affirme clairement : « Les élections municipales, pas plus que les autres, ne modifient le système dominant, l’ordre social que nous entendons renverser. »

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