Antonin Bernanos : la répression continue

L’audience d’appel pour la levée du contrôle judiciaire d’Antonin Bernanos, qui s’est tenue le 22 mai au Palais de Justice de Paris, à Cité, à laquelle il a été interdit d’assister, s’est soldée une fois de plus par un refus. Antonin demeure donc assigné à résidence en Loire-Atlantique.

Suite à un affrontement entre antifascistes et militants d’extrême droite en avril 2019 à Paris, Antonin a été arrêté puis incarcéré pendant six mois. Il est désormais assigné à résidence depuis novembre dernier. Pourtant, de l’aveu même de la juge d’instruction Sabine Khéris, qui n’a mené aucune enquête en un an, le dossier qui vaut ces ennuis à Antonin est complètement vide en ce qui le concerne, à l’exception du témoignage d’un militant fasciste.

Acharnement judiciaire et politique

C’est en effet sur la seule base du témoignage d’Antoine Oziol de Pignol, militant de Génération identitaire et hooligan, et en raison de son profil militant qu’Antonin subit ce qui est un véritable acharnement judiciaire et politique. En prison, les permis de visites ont été accordés uniquement à sa famille après deux mois d’attente, son courrier a fait l’objet d’une rétention systématique, il a été placé en isolement à Fresnes, transféré à la Santé alors que des dispositions venaient d’être prises pour qu’il puisse mener à bien ses études, puis menacé d’être déplacé hors d’Île-de-France pour le couper de ses proches.

Le vide du dossier a néanmoins conduit le juge des libertés Charles Prats, en dépit de son hostilité publique envers les antifas et de sa proximité avec l’extrême droite, à ordonner en novembre dernier la remise en liberté d’Antonin. Libération provisoire sous caution, accompagnée d’une assignation à résidence en Loire-Atlantique alors qu’il étudie à Paris. Antonin a été interdit de manifester, alors que les faits qu’on lui reproche n’ont rien à voir avec une manifestation, et soumis à une injonction de soins psychiatriques, bien qu’il soit ­présumé innocent.

Depuis, aucun élément n’a été ajouté au dossier, aucune enquête n’a été menée par la juge et Antonin reste donc sous le coup d’un contrôle judiciaire extrêmement strict sur la seule foi du témoignage d’un militant fasciste.

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