18 décembre : construire un front antiraciste large

Le durcissement des attaques néolibérales entraîne, à l’échelle internationale comme en France, un développement de l’extrême droite et du danger fasciste. La construction d’un front antiraciste large, capable de mettre dans la rue des milliers et, à terme, des centaines de milliers de personnes dans la rue comme en Allemagne, n’en est que plus importante.

Le développement de l’extrême droite et du danger fasciste résulte de trois phénomènes :  

– Un affaiblissement des corps intermédiaires : afin de pouvoir mettre en place leurs politiques d’austérité, les gouvernements ont dû casser de nombreuses résistances dont les corps intermédiaires que sont notamment les syndicats. Pour rappel, la loi travail affaiblit considérablement les moyens des syndicats. L’ensemble des corps intermédiaires, syndicats inclus, ont toujours eu un double rôle : obtenir des avancées et pacifier le corps social. Suite aux attaques néolibérales, les corps intermédiaires sont devenus incapables de remplir leur double fonction. L’émergence de révoltes comme les Gilets jaunes s’expliquent largement par la nécessité pour la population de trouver de nouveaux canaux d’expression ; 

– Un renforcement des politiques racistes et racialistes des États afin de maintenir des populations entières dans la précarité, la peur et donc l’exploitation. Pour ne parler que de la France, la loi asile et immigration, l’état d’urgence qui a permis une augmentation des violences policières dans les quartiers populaires et, récemment, la proposition d’augmenter les frais de scolarité pour les étudiantEs étrangers vont dans le même sens : fragiliser les populations étrangères et racisées pour qu’elles puissent se faire plus violemment exploiter ; 

– Un renforcement de l’extrême droite dans les urnes et des groupes identitaires sur le terrain : l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite ou son renforcement dans les urnes (partout en Europe et dans une grande partie du monde) encourage la perpétuation d’actes racistes, ­homophobes et antisyndicalistes. En Italie comme au Brésil, la ­victoire de gouvernements d’extrême droite s’est accompagnée d’une multiplication des violences racistes et antisyndicales. En France la monté du Rassemblement national décomplexe les identitaires qui passent aux actions sur le terrain, entre autres et notamment dans les Alpes. 

Renforcer la conscience antiraciste

Dans ce contexte où les corps intermédiaires sont très affaiblis, des révoltes plus ou moins spontanées sur divers sujets comme les Gilets jaunes vont se multiplier. Ces révoltes sont des opportunités pour nous. Néanmoins, rien ne garantit que les aspirations portées par ces mouvements vont aller vers plus d’égalité pour toutes et tous. Dans une période où le danger fasciste est réel, une partie des classes populaires, moyennes, des petits propriétaires et du ­patronat peuvent décider de faire une ­alliance contre-révolutionnaire. L’histoire a montré que ces alliances se faisaient systématiquement sur une ligne raciale, au détriment des raciséEs.  

Ainsi, une de nos tâches majeures dans la période est de renforcer, dans tous les secteurs où nous luttons, la conscience antiraciste. Nous devons également travailler à l’émergence d’un front antiraciste capable de faire contrepoids à l’influence de l’extrême droite dans les futurs mouvements. 

Dans cette perspective, la date du 18 décembre (journée internationale des migrantEs) est centrale. Tous les secteurs de la lutte contre le racisme s’en sont emparés. Il est à noter que les syndicats, dont la CGT, mettent des moyens considérables pour en faire une réussite. Ce cadre large et unitaire (composé de collectifs de sans-papiers, de collectifs de luttes contre les violences policières, d’associations d’aide aux migrantEs, de syndicats, de partis, de revues…) pourrait être l’embryon d’un front antiraciste large capable de mettre des milliers de personnes dans la rue, et à terme, des centaines de milliers comme en Allemagne. Les militantEs du NPA ont un rôle important dans la réussite de cette date en favorisant l’organisation de rassemblements le mardi 18 décembre à 18 heures dans un maximum de villes de France. 

Ensemble, face au développement de l’extrême droite et du danger fasciste, faisons de la construction d’un front antiraciste large, une des priorités de la période !

Hugo (commission migrations et antiracisme)

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