11 Novembre : quand Mélenchon s’en va-t-en guerre

Lors des commémorations du 11 Novembre, à l’occasion du centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale, Mélenchon et l’« orateur national » de la FI Djordje Kuzmanovic se sont une nouvelle fois fait remarquer… par leurs postures nationalistes.

Mélenchon est un habitué des propos contre l’Allemagne. Il en avait même fait un livre, le Hareng de Bismarck (le Poison allemand), où il avait entre autres écrit : « Un monstre est né sous nos yeux, l’enfant de la finance dérégulée et d’un pays qui s’est voué à elle, nécrosé par le vieillissement accéléré de sa population. L’un ne serait rien sans l’autre. Cette alliance est en train de remodeler l’Europe à sa main. Dès lors, l’Allemagne est, de nouveau, un danger. Le modèle qu’elle impose est, une fois de plus, un recul pour notre civilisation. » Sans oublier des propos très agressifs, toujours contre l’Allemagne, dans différents médias. 

« Démagogie victimaire »

Les commémorations du 11 Novembre, à l’occasion du centenaire de l’armistice de la Première guerre mondiale en ont été une nouvelle occasion pour Mélenchon et certains de ses proches de verser dans le patriotisme anti-allemand. Celui qui est monté au créneau est l’« orateur national pour les questions internationales et la défense » Djordje Kuzmanovic. Ce dernier s’était déjà fait remarquer avec ses propos sur l’immigration et la « bonne conscience de gauche qui empêche de réfléchir concrètement à la façon de ralentir, voire d’assécher les flux migratoires ». Même si ces propos ont été désavoués par la suite, il est toujours orateur national de la FI. Et c’est donc en tant que tel que Djordje Kuzmanovic a commenté, sur le site de Marianne, le 31 octobre dernier, la décision de Macron de ne pas faire parader l’armée pour commémorer la « victoire » française. Kuzmanovic est colère que la France ait pu « négocier une commémoration avec l’Allemagne ». Car, selon lui, « il y a […] lieu de commémorer la fin de la Première Guerre mondiale en accord avec l’esprit qui animait l’immense majorité des "poilus", et non en cédant à la démagogie victimaire d’aujourd’hui. Les Français de l’époque voulaient la victoire, ils ont beaucoup souffert pour elle, parce que c’était leur devoir. » 

« La tuerie déclenchée par le Kaiser »

Mélenchon est quant à lui allé célébrer la « victoire » à Marseille en postant sur sa page Facebook une photo avec comme légende : « Célébration de la victoire et de la fin de la tuerie déclenchée par le Kaiser » (sic). Les deux insoumis oublient, une nouvelle fois, de rappeler la responsabilité de l’État français dans cette boucherie, en n’insistant que sur celle de l’Allemagne. Une thèse de l’unique responsable qui était peut-être celle du traité de Versailles, mais qui a été depuis largement démentie par tous les travaux historiques, qui ont clairement démontré que la première boucherie mondiale était due à la rapacité de l’ensemble des capitalistes et de leurs gouvernements belliqueux, y compris et notamment la France. 

En outre, nous n’avons trouvé aucune critique de leur part concernant la venue pour ce centenaire de la fine fleur des autocrates, dictateurs et criminels de guerre mondiaux dont Donald Trump, Vladimir Poutine, Erdogan ou encore le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et de la vaste supercherie intitulée « Forum sur la paix ».  

Le 11 novembre, Mélenchon et Kuzmanovic ont montré une nouvelle fois que certains, et pas des moindres, tiennent à entretenir et développer la posture nationaliste de la FI. On peut le dire sans hésitation, au regard de l’histoire et de l’actualité : rien de bon ne viendra de ce côté-là. Pas plus aujourd’hui qu’hier. 

Joséphine Simplon

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