Philippe Poutou (NPA) à Guéret : “Cette journée pourrait être un déclencheur”

Article de La Montagne. Philippe Poutou, ancien candidat du NPA à l'élection présidentielle de 2012 a quitté le comité exécutif du parti en 2014, ce qui ne l'empêche pas d'être présent ce samedi à Guéret. 

Comment expliquer la présence du NPA à Guéret ? 
Pour parler du NPA, on est partie prenante de la lutte pour la défense des services publics. Partout où l'on milite, on défend les services publics dans les collectifs pour les transports, les écoles, les postes. Cela devient fondamentale et c'est une urgence sociale que de défendre ces services.

Vous n'étiez pas de la précédente manifestation organisée à Guéret. Que vous inspire, celle d'aujourd'hui ? 
Il y a 10 ans, c'était Olivier (ndlr, Besancenot) qui était venu en tant que porte-parole de notre mouvement. Quand on voit ce qu'il s'est passé en dix ans, ça fait peur, car il y avait une dynamique à l'époque. Avec la votation citoyenne, le référendum contre l'Europe, il y avait quand même pas mal de choses qui se passaient, et là on voit les reculs avec le démantèlement des services publics. Au niveau de la force résistante, on est aussi moins costauds. Moralement, on en a pris plein la tête. La journée d'aujourd'hui est importante car elle pourrait être un déclencheur. Il faut relancer une dynamique pour redonner confiance à la population et aux militants. Car on a des arguments pour expliquer qu'il n'y a pas de fatalité. Il faut qu'on se batte. On subit une incroyable propagande libérale avec un rouleau compresseur assez dingue qui nous dit "il n'y a pas le choix", alors qu'on a des solutions à proposer. Il faut un autre choix de société.

Comment expliquez vous ce recul ?
Ce sont les effets de la crise. Avec l'appauvrissement, la précarité, les difficultés de se loger et de se soigner. Plus le libéralisme avance, plus il casse les solidarités. On s'habitue à ce recul comme s'il était inévitable.  Et dans les têtes, c'est un peu ça qui se passe. Heureusement il y a des tas de combats qui sont menés en France par la population et des réseaux militants. Les réseaux sont actifs et combattent les projets inutiles comme Notre-Dame-des-Landes. Mais mobiliser la population pour emporter le morceau est plus difficile.

Que pensez-vous de succès de Podemos et Syriza ? 
Ce sont des exemples à suivre, ça montre qu'il y a des résistances et que la population résiste. C'est encourageant. C'est un peu comme les révoltes des peuples en Egypte, nous on est là pour les préparer et les organiser. Il faut des batailles dans la rue, une mobilisation sociale générale pour sauver la donne. 

 
Propos recueillis par Christophe Belhomme

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