Palestine : refusons la criminalisation de la solidarité

Dés le 9 juillet, François Hollande donnait le ton. Dans un entretien avec Netanyahou, il lui apportait sa solidarité, condamnant la résistance palestinienne et lui donnant carte blanche pour ce qui allait être un massacre : « il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population... ». « Toutes les mesures » furent bien prises par l’armée sioniste, et on connaît aujourd’hui le bilan catastrophique sur le plan humain et matériel. Mais la complicité du président français ne s’est pas arrêtée pas à cette odieuse déclaration...

Dans un même mouvement, l’exécutif tenta de diviser le mouvement de solidarité envers le peuple palestinien, essayant de réduire cette solidarité à une seule « communauté », tentant ainsi de transformer un problème politique en un affrontement communautaire... et d’utiliser l’accusation odieuse d’antisémitisme. Les provocations de la Ligue de défense juive (LDJ), organisées avec la passivité de la préfecture de police, rentraient dans cette logique de division du mouvement, fournissant un prétexte pour interdire toute manifestation de solidarité et d’expression de colère face aux crimes commis à Gaza.
Ainsi, les arrestations se sont multipliés : dans le quartier de Belleville, trois militantEs sont arrêtés le matin pour distribution d’un tract appelant à une manifestation interdite l’après-midi. Inculpés, ils seront jugés le 29 octobre. Deux heures avant cette manifestation, deux militants en voiture, transportant pancartes et drapeaux, sont arrêtés, placés en garde à vue, leur voiture saisie. Puis arrestations arbitraires de manifestantEs, le plus souvent en fonction de leur apparence, jugés en comparution immédiate.
Mais provocations et intimidations n’ont pas réussi à diviser le mouvement de solidarité et à empêcher que s’exprime dans la rue la colère populaire. Avec d’autres organisations, le NPA a œuvré pour conserver l’unité du mouvement et ne pas céder aux injonctions du gouvernement, maintenant à Paris les rassemblements et manifestations prévues. Nos interventions ont permis de déjouer les pièges gouvernementaux dont on peut regretter que certaines organisations se soient laissées entraîner à écouter le pouvoir.

Contre la vengeance d’État
Le rôle important du NPA pendant toute la séquence criminelle à Gaza a conduit l’exécutif gouvernemental à traduire en justice notre camarade Alain Pojolat. Mesquine vengeance d’État. Alain, qui a déposé la déclaration de la manifestation – finalement interdite – pour plus de 40 organisations syndicales, politiques et associatives, est le seul à être inculpé pour appel à une manifestation... qui sera par la suite interdite.
Le 22 octobre, nous devons donc être plusieurs centaines pour accompagner Alain au tribunal et dire notre refus de la criminalisation du mouvement de soutien à la Palestine. D’ici là aura lieu un meeting de solidarité ce vendredi 19 septembre (1) et il faut amplifier le mouvement pétitionnaire en faisant signer largement la pétition « Non à la criminalisation de la solidarité avec la population de Gaza !Nous exigeons la relaxe d’Alain Pojolat ! » (2).
Les basses manœuvres gouvernementales ne nous feront pas plier. Notre solidarité avec le peuple palestinien continue et va s’amplifier. Encore et encore, dans l’unité la plus large, nous continuerons à appeler aux rassemblements et manifestations, et aux action BDS.

Marc Prunier
1 – À l’appel du Collectif pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, à 19 h à la Bourse du travail de Saint-Denis, 9-11 rue Génin à Saint-Denis.
2 – http://www.petitions24.net/nous

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